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	<title>Colin Ducasse &#187; Patricia Highsmith</title>
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		<title>Le Fait du prince</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Aug 2008 17:33:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Colin Ducasse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecriture]]></category>
		<category><![CDATA[Acide Sulfurique]]></category>
		<category><![CDATA[Albin Michel]]></category>
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		<category><![CDATA[Robert des noms propres]]></category>
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<div style="font-size:10px;font-weight:bold;border-bottom: solid 1px #333">Roman d&#8217;Amélie Nothomb &#8211; publié aux éditions Albin Michel</div>
<p>Amélie Nothomb c&#8217;est comme le Beaujolais nouveau, ça revient tous les ans à la même période, un moment très particulier de l&#8217;année où toutes les librairies de France sont en ébulliton : c&#8217;est la rentrée littéraire. Et moi, tous les ans je reste fidèle à la dame qui mange des fruits pourris et j&#8217;achète son nouveau livre dans les jours qui suivent sa sortie. C&#8217;est avant tout une question de fidélité à l&#8217;auteur d&#8217;<em>Hygiène de l&#8217;assassin</em> que j&#8217;aime relire de temps en temps. Après, un nouveau Nothomb, c&#8217;est un peu comme une pochette surprise, on sait jamais trop à l&#8217;avance si on va aimer ce qu&#8217;il y a dedans. D&#8217;habitude ou j&#8217;aime bien (<em>Métaphysique des tubes</em>), ou je déteste (<em>Acide Sulfurique</em>), ou alors ça me laisse totalement indifférent (<em>Robert des noms propres</em>). Cette année, Amélie Nothomb innove en me livrant un livre dont je ne sais pas quoi penser en dehors des classiques &#8220;trop court&#8221; et &#8220;fin un peu bâclée&#8221; mais à force, c&#8217;est devenu une marque de fabrique.</p>
<p>J&#8217;ai lu ici ou là dans des critiques que l&#8217;étrangeté du <em>Fait du Prince</em> avait un côté kafkaïen. Je veux bien voir dans le côté un peu absurde et invraisemblable autant que curieux du livre la marque de Franz mais ce n&#8217;est pas la première référence qui m&#8217;ait sauté aux yeux. C&#8217;est plutôt cette dernière qui justement me trouble et m&#8217;empêche d&#8217;avoir un avis clair sur ce dernier opus. J&#8217;ai en effet vu planer dans ce bouquin les ombres de Tom Ripley et de sa créatrice Patricia Highsmith. Cela m&#8217;a sauté à la figure du fait 1) que je connais très bien l&#8217;oeuvre de Patricia Highsmith qui aura droit un jour à un post &#8220;Patricia et moi&#8221; 2) Amélie Nothomb elle-même parle de cette auteure et ce, dans <em>Hygiène de l&#8217;assassin</em> : &#8220;D’abord, il faut des couilles [<em>pour être écrivain</em>]. Et les couilles dont je parle se situent au-delà des sexes ; la preuve c’est que certaines femmes en ont. Oh, très peu, mais elles existent : je pense à  Patricia Highsmith.&#8221;</p>
<p>Rétablissons donc un peu les parentés littéraires. Il y a du Kafka chez Highsmith et de l&#8217;Highsmith dans <em>Le Fait du Prince</em>. On y retrouve les thèmes de perte/usurpation d&#8217;identité dont le personnage Tom Ripley est le champion. Il y a cette idée récurrente dans le livre de Nothomb des baies vitrées aux travers desquelles on regarde en secret l&#8217;intérieur d&#8217;une maison &#8211; thème du voyeurisme plein de fois développé par Patricia Highsmith. Il y a la maîtresse de maison qui semble presque aussi inconséquente et évanescente qu&#8217;Héloïse la femme de Ripley, ignorante des activités de son mari, amenée à vivre une vie presque séparée de lui. et cette idée, fréquente chez Highsmith, de l&#8217;être innocent dans les faits qui devient coupable dans sa pensée. Dans cette moisson de références, il reste deux traits totalement propres à Nothomb : le thème du double (le livre parle d&#8217;un homme &#8211; Olaf Sildur &#8211; qui meurt chez un autre &#8211; Baptiste Bordave &#8211; suite à quoi ce dernier décide de prendre l&#8217;identité du premier ) et le style. C&#8217;est à partir de là où je ne peux plus vraiment rien dire car au jeu de la comparaison, Nothomb perd à mes yeux alors même que <em>Le Fait du Prince</em> possède des qualités et une atmosphère plus qu&#8217;attirantes. Malheureusement, Highsmith renvoie un reflet tellement plus riche, plus sombre, plus complexe, plus ironique, plus abouti de ce qui aurait pu être le synopsis d&#8217;un de ses livres que <em>Le Fait du Prince</em> paraît une bluette creuse à côté. Et quelque part, ça m&#8217;attriste de penser à ce que livre aurait pu être.</p>
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		<title>La cellule de verre*</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Aug 2008 22:37:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Colin Ducasse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[La Cellule de verre]]></category>
		<category><![CDATA[Patricia Highsmith]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne suis pas là pour longtemps. Quand bien même je vivrais cent vingt ans, cela ne serait pas assez, cela ne serait pas <em>longtemps</em>. La vie c&#8217;est trop petit, c&#8217;est trop étroit, c&#8217;est une cellule de verre, un enfermement permanent involontaire aux murs duquel on accroche des posters, souvenirs et désirs, morphine auto-sécrétée qui, on l&#8217;espère, rendront la détention un peu plus supportable.</p>
<p>J&#8217;ai trop de temps de cerveau disponible, trop le temps de penser, trop le loisir de contempler les parois au delà desquelles s&#8217;agite le monde. Et je tourne en rond dans ma cellule, me heurte à ses limites, aimerais faire exploser le verre et dans la dépressurisation me dissoudre dans l&#8217;air, big bang de l&#8217;âme enfin libre d&#8217;aller où elle veut.</p>
<p>Un corps. Un esprit. Un monde. Un temps. C&#8217;est trop peu. J&#8217;ai toujours rêvé fractalisation, démultiplication, expansion de mon être dans toutes les dimensions. Je ne peux ni ne veux être seul dans mon seul corps, n&#8217;abriter que ma pensée propre dans mon seul esprit, n&#8217;être qu&#8217;ici alors que je pourrais être aussi là-bas et ailleurs, n&#8217;être que maintenant quand je voudrais être hier et demain.</p>
<p>Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un rêve d&#8217;immortalité. Je ne crains pas la mort et, même si je n&#8217;ai pas eu le choix, le contrat à durée déterminée que j&#8217;ai signé avec l&#8217;existence me convient. Ce qui me rend fou, claustrophobe, agressif, c&#8217;est mon peu d&#8217;espace, c&#8217;est l&#8217;impression d&#8217;être un insecte enfermé dans un bocal, un brasseur d&#8217;air confiné qui va s&#8217;amenuisant. Ma survie ne vient que de mon imagination qui m&#8217;invente d&#8217;autres moi, d&#8217;autres univers, d&#8217;autres vies en d&#8217;autres temps. C&#8217;est ma morphine, celle qui me tient calme et posé au centre de ma cellule, celle qui m&#8217;empêche de me jeter comme un fou contre ses murs transparents&#8230;</p>
<p><em>*Le titre de ce poste est emprunté au livre éponyme de Patricia Highsmith.</em></p>
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