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	<title>Colin Ducasse &#187; François Peyre</title>
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	<description>&#34;I&#039;ll tell you the worst of me and try yo give you the best of me&#34; - Sarah Kane</description>
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		<title>Equus</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Oct 2008 13:00:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Colin Ducasse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
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		<description><![CDATA[Drame hippique de Peter Schaffer mise en scène par Didier Long dans une adaptation nouvelle de Pol Quentin Avec Bruno Wolkowitch, Christiane Cohendy, Delphine Rich, Didier Flamand, Julien Alluguette, Astrid Bergès-Frisbey, Joséphine Fresson, Alain Stern, Jeoffrey Bourdenet, Benjamin Bodi, Lucas Anglares, François Peyre En lisant le synopsis d&#8217;Equus et alors que je nage dans les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src='http://www.colin-ducasse.net/wp-content/equus.jpg' alt='Equus' style="margin:10px;float:left"/>
<div style="font-size:11px;font-weight:bold;border-bottom: solid 1px #333"><em><strong>Drame hippique de Peter Schaffer mise en scène par Didier Long dans une adaptation nouvelle de Pol Quentin<br />
Avec Bruno Wolkowitch, Christiane Cohendy, Delphine Rich, Didier Flamand, Julien Alluguette, Astrid Bergès-Frisbey, Joséphine Fresson, Alain Stern, Jeoffrey Bourdenet, Benjamin Bodi, Lucas Anglares, François Peyre</strong></em></div>
<p>En lisant le synopsis d&#8217;<em>Equus</em> et alors que je nage dans les remous psycho-dépressifs de Sarah Kane, je ne pouvais qu&#8217;être tenté par cette pièce de théâtre qui se joue en ce moment au Théâtre Marigny:</p>
<blockquote><p><em>Alan Strang , un jeune homme fragile psychologiquement est obsédé par un cheval qu&#8217;il adore et qu&#8217;il voit comme un dieu&#8230; Après un coup de folie au cours duquel il crève les yeux de six chevaux, il se retrouve face à un psychiatre, le docteur Martin Dysart qui va pénétrer dans les profondeurs de cet esprit torturé… </em></p></blockquote>
<p>Il y avait aussi la curiosité de voir une pièce qui a beaucoup fait parler d&#8217;elle l&#8217;an dernier à Londres du fait de la présence de Daniel Radcliffe dans le rôle d&#8217;Alan Strang et qui est à mon avis la raison majeure du retour au goût du jour d&#8217;<em>Equus</em>, créée pour la première fois en 1973 et énorme succès de l&#8217;époque à Broadway. Dès lors, je m&#8217;attendais vraiment à passer un bon moment de théâtre&#8230; sauf que la sauce n&#8217;a pas du tout pris.</p>
<p>Je n&#8217;ai rien à redire sur les comédiens qui, confirmés ou inconnus, m&#8217;ont tous semblé très bons mais que j&#8217;ai malheureusement sentis totalement esclaves d&#8217;une mise en scène qui a vu les choses en grand pour un texte qui n&#8217;en demandait probablement pas tant. Car mon premier souci est venu de là, du texte qui m&#8217;a fait pousser des soupirs d&#8217;exaspération du début à la fin de la représentation. Les personnages sont des clichés ambulants, certaines répliques sont totalement téléphonées et d&#8217;autres tombent comme un cheveu sur la soupe. Je n&#8217;ai pas une seconde adhérer aux personnages et là encore je tiens à dire que la faute n&#8217;en revient pas aux comédiens. Il y a le scénario, d&#8217;une part, digne d&#8217;un téléfilm américain et de sa psychologie de bazar et il y a, d&#8217;autre part, la direction d&#8217;acteur qui loin de rehausser la platitude du texte semble la mettre en exergue. Les mots sont sans brillance dans <em>Equus</em>, sans magie. On pourrait mettre ça sur le compte de l&#8217;aspect clinique revendiqué de cette pièce mais cela sonne faux, terriblement faux. Cette pièce n&#8217;a ni cœur, ni tripes. Elle n&#8217;a pas d&#8217;unité mais n&#8217;est pas pour autant chaotique, ce qui aurait pu être intéressant aussi. Dès le début, le psychiatre a des états d&#8217;âme, se laisse embarquer par son patient, il n&#8217;y a pour ainsi dire aucune progression du personnage dont le fond du discours pose une problématique pourtant fascinante sur le rapport à la normalité. Sauf qu&#8217;on ne comprend pas vraiment d&#8217;où elles sortent ces tirades, comme si l&#8217;auteur avait absolument cherché à placer un message dans son texte sans trop se creuser la tête pour l&#8217;amener de façon subtile. Le spectateur n&#8217;est pas vraiment amené à suivre le cheminement des pensées de ce docteur qui balance ses interrogations et ses grandes vérités sans qu&#8217;on ait eu le temps d&#8217;adhérer. <em>Equus</em> nous livre une morale gratuite (n&#8217;entendez pas &#8220;morale&#8221; au sens bien ou mal), facile dans un texte qui ne prend aucun risque réel. En parlant de folie au théâtre, bien sûr je n&#8217;ai pas pu m&#8217;empêcher de faire la comparaison avec <em>4.48 Psychose</em> de Sarah Kane que je travaille en ce moment, pièce à laquelle <em>Equus</em> fait parfois écho. Mais c&#8217;est sans aucune comparaison. <em>4.48</em> est ardu, parfois incompréhensible, chaotique, très précisément clinique mais elle a une âme, son texte un pouvoir d&#8217;attraction et de fascination vertigineux et surtout, surtout, elle est hautement humaine et vraie. Avec <em>Equus</em>, j&#8217;ai eu l&#8217;impression de patauger dans l&#8217;artificiel qui, à la limite, pourrait passer pour un exercice de style mais de style, la pièce de Schaffer n&#8217;en a pas. Sans parler de Sarah Kane, on peut se reporter à Tennessee Williams, à tous les êtres déviants qui peuplent son théâtre. Tout y est chaud, organique et touche au plus près la condition humaine. Avec <em>Equus</em>, on assiste à une représentation de Psychologie Magazine.</p>
<p>Mais bon, laissons de côté le texte pour un moment, je sens que sinon je pourrais en pondre un livre et intéressons-nous un peu à la mise en scène. On ne peut en effet pas tout mettre sur le dos des mots de l&#8217;auteur. Après tout au théâtre, ceux-ci sont de la glaise, ils sont malléables, les phrases sont déformables, on peut leur donner la forme que l&#8217;on veut, on peut les vider de leur sens ou au contraire les charger de sens, de non-dits ou du mystère. Pensez aux mille manières qu&#8217;il y a de dire &#8220;Ce matin je suis allé au parc&#8221;. Bon là, je sais que je fais une digression mais plus j&#8217;avance et plus je suis persuadé qu&#8217;une bonne mise en scène est une mise en scène au service du texte. Quand je dis <em>au service</em> je ne sous-entend pas esclave du texte loin de là. La mise en scène devrait toujours mettre le texte en avant, en relief, elle devrait comme ce n&#8217;est pas le cas dans <em>Equus</em>, combler les lacunes ou les flottements du texte et non satisfaire les délires esthétiques et intello-frigides du metteur en scène. Quand le théâtre cesse d&#8217;être vecteur d&#8217;émotions ou quand il n&#8217;a pas de brillance verbale, il ne m&#8217;intéresse pas sauf s&#8217;il est ainsi pour démontrer par l&#8217;absence. J&#8217;ai dit que la pièce de Schaffer n&#8217;avait pas vraiment d&#8217;âme et je reproche à Didier Long de ne pas en avoir insuffler avec sa mise en scène qui est au demeurant très belle, le deus ex machina fonctionne bien sans fioritures inutiles, à cela rien à redire, le spectacle est agréable à voir. Elle aurait été à mon avis parfaite si derrière la direction d&#8217;acteurs avait été moins froide. Le psychiatre déclame ses tirades avec une légèreté surprenante, sans vraiment prendre le temps de poser ses mots, les émotions sont esquissées, avortées sans être menées au bout car déjà une autre idée vient pointer le bout de son nez. C&#8217;est pourtant là que la pièce aurait pu prendre de l&#8217;épaisseur, que les doutes loin d&#8217;être anodins du médecin auraient pu prendre une toute autre ampleur. Quelqu&#8217;un qui se pose des questions existentielles à la vitesse d&#8217;un TGV alors 1) j&#8217;ai du mal suivre 2) j&#8217;ai du mal à croire. Et je reprécise : Bruno Wolkowitch n&#8217;y est pour rien. Delphine Rich non plus, c&#8217;est une comédienne que j&#8217;adore, mais malheureusement son personnage de magistrate je n&#8217;y ai pas cru non plus : trop de désinvolture, trop de légèreté pour un personnage qui justement se concentre sur les priorités, sur l&#8217;essentiel, qui représente l&#8217;autorité, la droiture et la justice. Quant à Julien Alluguette qui interprète le perturbé Alan Strang, j&#8217;ai vu un comédien qui jouait bien. Comprenez que je n&#8217;ai pas vu le personnage, ce qui est un peu gênant. Il s&#8217;agite beaucoup mais dans ses contorsions j&#8217;ai vu les fils du marionnettiste, je n&#8217;ai pas <em>senti</em> que ça venait de l&#8217;intérieur et je n&#8217;ai pas vu de folie mais des manifestations factices. </p>
<p>Bon je finirai ma revue par les chevaux&#8230; Parce qu&#8217;il y a des chevaux dans la pièce, personnifiés sur scène par de jolis choupinous qui font des pirouettes. Là je suis exagérément sarcastique, l&#8217;idée n&#8217;était pas si mal même si cela donne à la pièce un côté &#8220;pédé&#8221; pas vraiment nécessaire quand le texte nous livre déjà des scènes de nudité plutôt gratuites&#8230; A moins que l&#8217;on mise beaucoup sur le marais pour remplir la salle&#8230;</p>
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<strong>C&#8217;est Où?</strong> Théâtre Marigny-Robert Hossein • Carré Marigny • 75008 Paris<br />
<strong>C&#8217;est Quand ?</strong>   du mardi au samedi à 20h30 • les dimanche à 16h00 • [Relâche 16 novembre matinée]</div>
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