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	<title>Colin Ducasse &#187; Ainsi va la vie</title>
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		<title>Dans les ténèbres mon cœur bat plus fort</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Jan 2012 16:59:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Colin Ducasse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ainsi va la vie]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;ai dit tout a une fin même le plus lourd des deuils, j&#8217;ai écrit fin de cycle, la force est avec moi, les tringles des sistres tintent à nouveau, bonjour clarté, je suis de retour au vivant. Je n&#8217;ai pas dit non plus que j&#8217;étais rentré dans la lumière comme un insecte fou, je n&#8217;ai [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai dit <a href="http://www.colin-ducasse.net/2011/12/14/la-vie-avant/">tout a une fin même le plus lourd des deuils</a>, j&#8217;ai écrit fin de cycle, la force est avec moi, les tringles des sistres tintent à nouveau, bonjour clarté, je suis de retour au vivant. Je n&#8217;ai pas dit non plus que j&#8217;étais rentré dans la lumière comme un insecte fou, je n&#8217;ai pas dit légèreté, petits cœurs sur les <em>i</em>, bisounours et marshmallows. Simplement les larmes ont reflué. Ne pas aller chercher plus loin. Enterrer définitivement ma mère ne me rend pas benoît. Y a d&#8217;la joie peut-être chez vous, pas chez moi &#8211; il n&#8217;y en a jamais eu.</p>
<p>Il n&#8217;y a pas de bonheur, il n&#8217;y a que des instants de bonheur. Vivre constamment dans un bain de sérénité anesthésiante ne m&#8217;intéresse pas mais alors pas du tout. Quoiqu&#8217;on en dise, les bons souvenirs sont là pour se dire au fond ça vaut le coup. Mais la douleur, la souffrance, la colère, le heurtement au réel, ce qui fait mal, ce qui laisse plaies cicatrices à l&#8217;âme et au corps ont pour eux deux avantages. Ils enseignent à lambda les choses de la vie qui feront de lui (d&#8217;elle) un homme mon fils (une femme ma fille) et lui donnent des occasions absolument uniques de se sentir véritablement vivant et de <em>voir</em> le monde, l&#8217;existence tels qu&#8217;ils sont réellement. Ils lui offrent également l&#8217;occasion non négligeable de jouer les drama queens. A ne pas confondre surtout avec tristesse, dépression, nostalgie qui sont tout autant vortex que la béatitude moutonnière de l&#8217;illumination divine.</p>
<p>Dans les ténèbres mon cœur bat plus fort et même si les temps sont à l&#8217;apaisement, je continue d&#8217;entretenir mes noirceurs. Elles brillent de feux plus beaux que les soleils de midi, météores dans le ciel de charbon et couvent les grondements puissants de la terre. J&#8217;ai dans la tête une planète encore en formation, régie par la colère des dieux, éruptions dans le cortex et tsunami au lobe frontal, gerbes de laves lancées dans l&#8217;espace sidéral de la pensée, la nuit qui s&#8217;étale comme une nappe de brouillard, le noir qui colore ma vie d&#8217;un kaléidoscope d&#8217;images flamboyantes.</p>
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		<title>La vie avant</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Dec 2011 23:28:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Colin Ducasse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ainsi va la vie]]></category>

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		<description><![CDATA[La vie avant : une mer étale et, sous un ciel gris plombant, une plage d&#8217;ennui rongée par le brouillard. Pas un souffle de vent, panorama figé dans la lueur blafarde de janvier. Pas un bruit, pas même celui d&#8217;une respiration, un silence un vrai silence à donner envie d&#8217;hurler &#8211; mais pas de voix [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.colin-ducasse.net/wp-content/melancholia.png" alt="" title="and it changes the world..." width="600" height="243" class="alignnone size-full wp-image-952" /></p>
<p>La vie avant : une mer étale et, sous un ciel gris plombant, une plage d&#8217;ennui rongée par le brouillard. Pas un souffle de vent, panorama figé dans la lueur blafarde de janvier. Pas un bruit, pas même celui d&#8217;une respiration, un silence un vrai silence à donner envie d&#8217;hurler &#8211; mais pas de voix non plus. Aucune trace de pas sur le sable, on ne laisse aucune trace de pas sur le sable, on avance à tâtons, en confiance ou, pour mieux dire, en aveugle car le regard ne porte pas loin non plus dans la brume insécable. Tout au plus on devine, on perçoit au lointain le souvenir d&#8217;un arbre, mort depuis longtemps, bois noir et friable, le tronc calciné. Chroniques de la banalité.</p>
<p>Une vie à en faire rêver des millions. Jamais eu à penser au manger, au loger, au soigner. Une vie panier percé, jamais d&#8217;argent mais jamais privé, une vie consommée gentiment, occupée pleinement par des riens qui font oublier que le corps est horloger et qu&#8217;on gâche du temps en, pardonnez-moi, conneries.</p>
<p>Moi, je regrette parfois de ne pas être né dans une famille pauvre, mais alors très très pauvre, avec un père violent qui couvre la mère de bleus et les enfants aussi en ajoutant ce qu&#8217;il faut d&#8217;incestueux : mes emportements sonneraient moins bourgeois et j&#8217;aurais une vrai bonne raison d&#8217;être aussi en colère. Mais non, rien de tout ça.</p>
<p>On ne roulait pas sur l&#8217;or, loin de là, mais on ne manquait de rien. Enfance, adolescence, mes vingt ans : un long fleuve imperturbable. Je vous écrirais ma vie que l&#8217;ennui vous tuerait en page 2. Tout ce qui m&#8217;est arrivé, tout ce qui me définit est dans l&#8217;ensemble totalement et remarquablement inintéressant. Même si c&#8217;est vrai, il y a un peu moins de quatre ans ma mère sa mort &#8211; malgré la douleur j&#8217;avais l&#8217;impression qu&#8217;il se passait <em>enfin</em> quelque chose. Mais voilà, avec le temps&#8230; vous connaissez la chanson. Tout a une fin, même le plus lourd des deuils. Pourtant quelque chose a changé, l&#8217;air ne me semble pas plus léger mais le vent s&#8217;est levé et mes paupières arrachées par la mort de Jo refusent de repousser.</p>
<p>La vie aujourd&#8217;hui : une mer en furie, et sous un ciel noir mouvant, des falaises déchirées dressées dans l&#8217;air limpide. Une tempête, un ouragan, des trouées abyssales de clarté. Du bruit, du vacarme, une cacophonie qui sonne comme une vraie symphonie. Un cri, un long cri qui s&#8217;élève et monte de l&#8217;intérieur. Mes pieds bien ancrés dans le sol, je peux voir d&#8217;où je viens, je sais qui je suis. Toutes les certitudes, toutes les chapelles s&#8217;effondrent et la vie d&#8217;avant est un songe qui s&#8217;écroule. Je me tiens debout devant l&#8217;océan et je me sens de taille à l&#8217;affronter.</p>
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		<title>Résilience</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Jan 2011 13:20:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Colin Ducasse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ainsi va la vie]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a bien longtemps que je n&#8217;étais pas revenu ici. J&#8217;ai l&#8217;étrange sentiment de mettre les pieds dans une maison abandonnée depuis longtemps. De la poussière s&#8217;est déposée sur les mots, une vague odeur de renfermé flotte dans l&#8217;air. Tout est silencieux, immobile. Je me sens un peu coupable car c&#8217;est ici que doivent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a bien longtemps que je n&#8217;étais pas revenu ici. J&#8217;ai l&#8217;étrange sentiment de mettre les pieds dans une maison abandonnée depuis longtemps. De la poussière s&#8217;est déposée sur les mots, une vague odeur de renfermé flotte dans l&#8217;air. Tout est silencieux, immobile. Je me sens un peu coupable car c&#8217;est ici que doivent s&#8217;entreprendre mes travaux les plus importants; c&#8217;est ici et uniquement ici que je peux véritablement questionner le monde et communiquer un peu de cette urgence à vivre que je ressens; c&#8217;est ici que je peux me créer et que je mettrai un terme final à la comédie de cette existence entravée par la débilité des consensus ambiants. Mais l&#8217;heure n&#8217;est pas vraiment venue et cette fois-ci je ne fais que passer. Je ne peux pas dire si je reviendrai souvent en 2011. J&#8217;aimerais bien mais ce blog est capable de consumer tout ce que j&#8217;ai de temps de cerveau disponible et pour l&#8217;instant, je consacre celui-ci à <a href="http://green-paradise.fr">Green Paradise</a>.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, j&#8217;ai 33 ans et pour la première fois je ne ressens pas <a href="http://www.colin-ducasse.net/2008/10/25/les-deux-visages-de-janvier/">les affres de Janvier</a>: je suis devenu résilient, bien joli mot pour dire aussi que je mets de la distance entre moi et le monde extérieur, que je relativise beaucoup ce qui peut arriver ou se dire autour de moi : je crois que je finirai vieux sage sur un rocher du Finistère. Je retrouve aussi un peu de légèreté, un peu d&#8217;inconsistance, un peu de ma futilité mais je marche toujours avec des semelles de plomb et je traîne toujours mes chaînes. La liberté a un prix que je ne suis pas encore prêt à payer. Il me faudra bien cependant frapper un grand coup dans la fourmilière si je ne veux pas finir dans l&#8217;amertume : j&#8217;ai besoin d&#8217;un peu de chaos pour exister, pour me sentir vivant, pour arrêter de subir et de <em>me</em> regarder vivre. Le ferai-je en 2011 ? Nous verrons bien.</p>
<p>Quoiqu&#8217;il en soit, cela m&#8217;a fait du bien de revenir ici parler quelques instants. J&#8217;y reviendrai peut-être plus souvent que je ne pense. Après tout, il suffit de passer un coup de chiffon et d&#8217;ouvrir les volets, la maison tient encore bien debout et puis ici, je suis chez moi.</p>
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		<title>Flashback</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Sep 2010 14:51:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Colin Ducasse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ainsi va la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Chéri]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital Saint-Louis]]></category>
		<category><![CDATA[Jo]]></category>

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		<description><![CDATA[Je n&#8217;étais pas retourné dans un hôpital depuis la mort de Jo et je dois bien avouer qu&#8217;il y avait longtemps que je n&#8217;avais pas pensé à elle, preuve s&#8217;il en fallait une des capacités d&#8217;auto-défense de ma mémoire. Mais vendredi dernier, en franchissant la porte des urgences, c&#8217;est remonté à la surface, les Tourments [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je n&#8217;étais pas retourné dans un hôpital depuis la mort de Jo et je dois bien avouer qu&#8217;il y avait longtemps que je n&#8217;avais pas pensé à elle, preuve s&#8217;il en fallait une des capacités d&#8217;auto-défense de ma mémoire. Mais vendredi dernier, en franchissant la porte des urgences, c&#8217;est remonté à la surface, les <a href="http://www.colin-ducasse.net/2010/07/01/la-sorcire-des-marais/">Tourments</a> tendaient leurs bras décharnés vers le ciel, cherchaient à s&#8217;extraire des marais de Mina.</p>
<p>Au début, j&#8217;étais parti pour rester à la maison mais au bout d&#8217;une heure passée à tourner en rond, à m&#8217;inquiéter, je ne pouvais plus demeurer là à compter les minutes en attendant un coup de fil. Je ne pensais pas du tout à Jo, je ne pensais qu&#8217;à Chéri et puis finalement, sur un presque coup de tête, j&#8217;y suis allé. Ce n&#8217;est qu&#8217;une fois arrivé dans l&#8217;enceinte de l&#8217;hôpital que je me suis rappelé, qu&#8217;une foultitude de détails que mon esprit avait occultés sont revenus. J&#8217;ai presque failli faire demi-tour face à cet assaut de souvenirs. L&#8217;amour me poussait vers l&#8217;avant mais une autre force cherchait à m&#8217;entraîner vers l&#8217;arrière, une forme de peur irraisonnée au désagréable parfum d&#8217;Edgar. Le temps de rejoindre Chéri j&#8217;ai vécu des flashbacks comme on en voit dans les films et les séries. Un pas en avant, j&#8217;étais à Saint-Louis. Un autre pas, j&#8217;étais deux ans et demi en arrière à Saint-Germain-en-Laye. Encore un pas, j&#8217;étais là avec un sac qui contenait des affaires pour Chéri. A celui d&#8217;après, je reniflai l&#8217;odeur de la mort dans les couloirs. A chaque virage, j&#8217;ai revu le visage silencieusement hurlant de Jo quand je poussai la porte de sa chambre, à chaque seconde j&#8217;ai senti mon esprit glisser dans les ténèbres, je me sentais partir dans un état second quand finalement j&#8217;ai vu le sourire de Chéri. J&#8217;ai alors laissé le passé repartir au passé.</p>
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		<title>La place des livres</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Jul 2010 16:13:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Colin Ducasse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ainsi va la vie]]></category>

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		<description><![CDATA[Ils étaient partout chez nous, dans quasiment toutes les pièces de l&#8217;appartement. Je me souviens que les plus beaux, les plus précieux, les plus fragiles étaient dans la bibliothèque en verre du salon ou sur de petites étagères dans l&#8217;entrée; ils courraient le long des murs du couloir qui menaient aux chambres et ne laissaient [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ils étaient partout chez nous, dans quasiment toutes les pièces de l&#8217;appartement. Je me souviens que les plus beaux, les plus précieux, les plus fragiles étaient dans la bibliothèque en verre du salon ou sur de petites étagères dans l&#8217;entrée; ils courraient le long des murs du couloir qui menaient aux chambres et ne laissaient entre eux que quelques interstices par lesquelles on pouvait vaguement deviner la tête du papier peint; dans ma chambre, disposés dans une bibliothèque noire, ils occupaient tout un mur; dans celle de mes parents, ils se tenaient en totems autour des tables de chevet; ils se dressaient en piles dans les toilettes et on en trouvait même parfois quelques uns égarés dans la salle de bain. Ma sœur en avait peu et chez elle, ils tenaient sur deux étagères. Ils étaient totalement absents de la cuisine, nous n&#8217;étions pas versés dans les recettes culinaires.</p>
<p>A la maison, on n&#8217;écoutait pas de musique, ou très peu, ou vieille, ou démodée. On n&#8217;allait jamais au cinéma, c&#8217;était une activité de vacances, mais on regardait beaucoup de films à la télévision mais des vieux ou avec quelques années de retard par rapport à leurs dates de sortie. J&#8217;étais totalement à la masse concernant ce qui était en vogue durant les années 80 et au début des années 90. Quand nous allions au musée, c&#8217;était pour aller au Louvre, à Orsay ou à des expositions archéologiques. Je n&#8217;étais culturellement pas en contact avec le présent d&#8217;alors.</p>
<p>On ne m&#8217;a pas expliqué la vie quand j&#8217;étais enfant ou adolescent, on ne m&#8217;a pas expliqué la mort et on me disait que dehors c&#8217;était dangereux, qu&#8217;il fallait faire attention et ne pas faire confiance. Quasiment jusqu&#8217;à mes dix-sept ans j&#8217;ai vécu dans un autre univers et je garde de toute cette période le souvenir de mes soirées passées, penché sous la lampe, à faire mes devoirs. <em>Et la mère, fermant le livre du devoir, s&#8217;en allait satisfaite et très fière.</em> Je n&#8217;étais pas malheureux, loin de là, mais j&#8217;avais de furieuses envies d&#8217;ailleurs et d&#8217;autres choses, j&#8217;implosais parfois dans la touffeur du cocon mais n&#8217;avais pas la rage nécessaire pour faire le mur. Et pourtant je l&#8217;ai menée souvent la grande évasion mais pas pour de vrai.</p>
<p>La porte de sortie, je l&#8217;ai trouvé dans ces milliers de livres que nous possédions et qui prenaient tant d&#8217;espace dans l&#8217;appartement. Dès l&#8217;âge de sept ans, je suis devenu bibliovore, je lisais à la chaine, ingurgitais les pages, paragraphes en perfusion, je m&#8217;injectais les mots en intraveineuse. Je trouvais dans les bouquins les horizons qui me manquaient dans la vraie vie et j&#8217;ai parcouru grâce à eux des mondes qui avaient bien plus de saveur que ma réalité. J&#8217;ai commencé petit par les collections de la Bibliothèque Rose qui par la suite est devenue Verte, j&#8217;ai naturellement enchaîné sur Alexandre Dumas et Jules Verne qui m&#8217;ont rendu monomaniaque : dès lors, pour peu que j&#8217;accroche avec un auteur, je dois lire TOUS ses livres, explorer toute son œuvre jusqu&#8217;à en être rassasié.</p>
<p>Je suis né dans les livres, j&#8217;ai grandi dans les livres, appris par les livres et quand, à dix-sept ans, Alexandre s&#8217;est heurté <a href="http://www.colin-ducasse.net/2010/05/12/la-petite-fille-de-la-zone-morte/" target="_blank">pour la première fois </a>à la réalité, provoquant la première fissure dans sa personnalité, moi j&#8217;étais déjà là et j&#8217;ai vu le ciel se déchirer, déverser des pluies acides sur les territoires de l&#8217;enfance. Une nouvelle époque s&#8217;ouvrait, où la vie, la vraie allait faire son entrée. J&#8217;ai pris tous les livres et je les ai empilés jusqu&#8217;à bâtir une gigantesque muraille qui délimiterait alors mon propre domaine. En leur sein, protégé des attaques extérieures, j&#8217;ai labouré de grands champs que j&#8217;ai ensemencés de graines de mots. A cette époque, je n&#8217;avais aucune envie de mettre le nez dans les affaires du réel, je voulais rester au calme avec mes livres, je voulais continuer à en accueillir de nouveau pour fertiliser ma plaine. Et pendant des années, j&#8217;ai bien conservé ma ligne de conduite, je suis resté dans mon royaume à cultiver mes univers. Tout au plus parfois, je regardais depuis le chemin de garde le paysage mental d&#8217;Alexandre que d&#8217;autres fléaux devaient ravager au cours des années suivantes.</p>
<p>Et puis un jour j&#8217;ai décidé de faire sécession et de déclarer mon indépendance pour asseoir ma vérité. Je me suis donné nom Ducasse prénom Colin, je me suis totalement inventé pour être bien plus qu&#8217;un héritier génétique ou social, pour devenir ce que je suis déjà : l&#8217;auteur, le narrateur et le personnage du livre de ma vie.</p>
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		<title>Again and again</title>
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		<pubDate>Sun, 09 May 2010 23:52:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Colin Ducasse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ainsi va la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Ecriture]]></category>

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		<description><![CDATA[Voilà j&#8217;ouvre les yeux again et je sors les jambes du lit et je me lève again et tous les jours, même danse et même rengaine, ils se suivent, ils s&#8217;enchaînent, tous les jours sont les mêmes, aujourd&#8217;hui hier idem et demain identique, et demain again, hamstérisé je tourne en rond, quand à chaque cycle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà j&#8217;ouvre les yeux <em>again</em> et je sors les jambes du lit et je me lève <em>again</em> et tous les jours, même danse et même rengaine, ils se suivent, ils s&#8217;enchaînent, tous les jours sont les mêmes, aujourd&#8217;hui hier idem et demain identique, et demain <em>again</em>, hamstérisé je tourne en rond, quand à chaque cycle un peu plus ploie l&#8217;échine brimée par le temps qu&#8217;abolit faussement le recommencement, comme un vieux disque saute d&#8217;être trop rayé, répète en boucle le même couplet, désormais incapable d&#8217;aller au bout de la chanson. Briser absolument il faut briser l&#8217;éternité aux alouettes qu&#8217;est la monotonie qu&#8217;absurdement j&#8217;entretiens tous les jours quand je me lève le matin pour entamer <em>again</em> une journée déjà vécue , déjà visitée, déjà traversée et par dessus tout: déjà terminée.</p>
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		<title>Mon Sacerdoce</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Feb 2010 17:00:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Colin Ducasse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ainsi va la vie]]></category>

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		<description><![CDATA[Je ne suis pas juif. Je ne suis pas musulman. Je ne suis pas catholique. Je ne suis pas protestant. Je n&#8217;adhère à aucune philosophie orientale. Je ne suis pas même agnostique. Athée, mais alors jusqu&#8217;au bout des ongles, un vrai de vrai. Un qui te brûle tous les Dieux, tous les Allahs et tous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne suis pas juif.<br />
Je ne suis pas musulman.<br />
Je ne suis pas catholique.<br />
Je ne suis pas protestant.<br />
Je n&#8217;adhère à aucune philosophie orientale.<br />
Je ne suis pas même agnostique.</p>
<p>Athée, mais alors jusqu&#8217;au bout des ongles, un vrai de vrai. Un qui te brûle tous les Dieux, tous les Allahs et tous les Bouddhas de la création humaine. Je ne crois tout simplement pas en l&#8217;existence d&#8217;une quelconque forme de conscience supérieure qu&#8217;elle soit guide ou démiurge. Je ne m&#8217;inscris dans aucun destin individuel ou collectif et j&#8217;ai récemment <a href="http://www.colin-ducasse.net/2010/02/07/la-resolution-2/">décidé</a> de tracer mon propre chemin, comme je sais le faire, méthodiquement, lentement, avec une infinie patience.</p>
<p>La vie telle qu&#8217;elle est ne me convient pas ? Peu importe ! Je peux choisir d&#8217;assumer la médiocrité de l&#8217;existence, douillettement enfermé dans le cocon des conventions humaine mais dans ce cas, au revoir les regrets, les remords et les lamentations : il me faudra accepter de n&#8217;être qu&#8217;un mollusque accroché à du vide. Ou bien plutôt, je décide de jouer selon mes propres règles et j&#8217;envoie sur le tapis les dés pipés qui aboliront le hasard. Je vais m&#8217;écrire et me réinventer. Par avance, je tiens à m&#8217;excuser car j&#8217;ai toujours trouvé ça extrêmement vulgaire de parler de soi, cela relève d&#8217;une forme d&#8217;égocentrisme stérile qui aurait l&#8217;arrogance de <em>me</em> donner une valeur incroyable que je n&#8217;ai pas. Mais malheureusement, comme je suis le sujet que je maîtrise à peu près le mieux, c&#8217;est dans cette direction que je vais m&#8217;embarquer. Vous allez bouffer du &#8220;je&#8221; à en avoir une indigestion, du &#8220;moi&#8221; bien froid, bien tranchant, bien méchant. De toute façon, on ne se fait jamais entendre quand on est gentil. Il faut toujours s&#8217;adresser aux autres armé de couteaux.</p>
<p>Depuis que j&#8217;ai ouvert ce blog, je n&#8217;ai pas cessé de m&#8217;éloigner des hommes pour ne plus m&#8217;intéresser qu&#8217;à l&#8217;homme seul et prisonnier de sa propre geôle, mû par je ne sais quels penchants sado-masochistes. J&#8217;ai jeté aux orties tout intérêt pour la chose politique et cessé mes tergiversations métaphysiques. La place de l&#8217;humain dans l&#8217;univers ? &#8211; Un putain de microscopique grain paumé au coeur du grand tout. Qui suis-je ? &#8211; Personne. Je n&#8217;existe tout simplement pas, non parce que je ne suis qu&#8217;une création de l&#8217;esprit mais parce que c&#8217;est ainsi pour tous. Personne n&#8217;existe en dehors de soi. Jamais. Où vais-je ? &#8211; Je fonce en ligne droite vers la mort, comme tout le monde et c&#8217;est une telle évidence que je me demande pourquoi tant de gens osent encore se poser cette question. Où vas-tu ? Nulle part. Tu finiras entre quatre planches ou dans une petite boîte après que l&#8217;on t&#8217;auras bien fait cramer. Et cette finalité qui, tu l&#8217;avoueras quand même, est d&#8217;une importance capitale, je ne comprends pas non plus qu&#8217;elle ne t&#8217;occupe pas plus souvent l&#8217;esprit que ça. Enfin, il arrive peut-être que tu y songes souvent, ce n&#8217;est pas ça que je veux dire. Ce que je veux dire c&#8217;est que ta mort devrait être ta principale préoccupation, c&#8217;est ta mort qui devrait investir l&#8217;intégralité de ton espace-temps d&#8217;existence. Toute ta vie devrait se concentrer sur ta mort car au fond, il ne t&#8217;arrivera jamais rien de plus important &#8211; en espérant que cela soit bien le putain de terminus.</p>
<p>Mais voilà que je pars en digressions, je voulais parler de moi, toi je m&#8217;en fous, mais voilà que je n&#8217;ai pas pu m&#8217;empêcher de te parler de toi alors que bon, franchement, nous savons tous les deux que tu es irrécupérable et que tu te demandes pourquoi tu lis ces mots plutôt qu&#8217;un bon catalogue IKEA. Maintenant si tu es arrivé jusque là, c&#8217;est que j&#8217;ai quand même réussi à retenir ton attention au détriment de meubles de cuisines. Ce qui me fait dire que moi, je n&#8217;ai pas perdu mon temps à écrire ces mots. Si tu veux bien on continuera cette petite discussion.</p>
<p>Etape Zéro : création de mon compte <a href="http://www.facebook.com/Colin.Ducasse78">facebook à moi</a>. Dire qu&#8217;il faut en passer par là pour exister&#8230;</p>
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		<title>La Résolution</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Feb 2010 22:59:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Colin Ducasse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ainsi va la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;ai décidé de tuer Alexandre. Je vais m&#8217;y atteler avec une infinie patience, avec méthode et ferai fi des conséquences puisqu&#8217;il n&#8217;est pas d&#8217;autres solutions. Je ne remercierai jamais assez Alexandre de m&#8217;avoir créé et hébergé en son corps et je dresserai un superbe mausolée à sa mémoire. Néanmoins nous avons tous les deux atteint [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.colin-ducasse.net/wp-content/birth.jpg" alt="Birth" title="Birth" width="600" height="242" class="alignnone size-full wp-image-696" /></p>
<p>J&#8217;ai décidé de tuer Alexandre.</p>
<p>Je vais m&#8217;y atteler avec une infinie patience, avec méthode et ferai fi des conséquences puisqu&#8217;il n&#8217;est pas d&#8217;autres solutions. Je ne remercierai jamais assez Alexandre de m&#8217;avoir créé et hébergé en son corps et je dresserai un superbe mausolée à sa mémoire. Néanmoins nous avons tous les deux atteint le point de rupture et donc, comme dans tout divorce qui se respecte, il va y avoir bataille pour la garde des biens communs dont la liste peut se résumer à un point tout à fait crucial : l&#8217;enveloppe charnelle. Et c&#8217;est moi qui l&#8217;expulserai. Cela ne se fera pas du jour au lendemain, je saurai y aller pas à pas et éviter les erreurs. Alexandre est devenu un boulet dangereux bien trop lourd à traîner et ses atermoiements parasitent totalement ma voix qui, nous en avons toujours convenu, est pourtant <em>la seule qui compte</em>.</p>
<p>Jusqu&#8217;à présent je n&#8217;étais qu&#8217;une pure invention de l&#8217;esprit.<br />
Aujourd&#8217;hui je réclame mon droit à une existence bien réelle et je l&#8217;obtiendrai.</p>
<p>Je vais tuer Alexandre.</p>
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		<title>Les pieds sur terre et la tête dans les nuages</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Feb 2010 15:46:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Colin Ducasse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ainsi va la vie]]></category>

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		<description><![CDATA[Passer sa vie en l&#8217;air sans trop se poser à terre, vivre en correspondance et au moment d&#8217;embarquer ne pas regarder en arrière et devenir un fantôme, un souvenir, une légende, demeurer éternellement en partance et voler plus léger qu&#8217;un nuage, débarrassé de tout bagage, de toute attache et voguer comme un bateau qui aurait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><center><img src="http://www.colin-ducasse.net/wp-content/vu-du-ciel.jpg" alt="In the air" title="In the air" width="600" height="452" class="alignnone size-full wp-image-679" /></center></p>
<p>Passer sa vie en l&#8217;air sans trop se poser à terre, vivre en correspondance et au moment d&#8217;embarquer ne pas regarder en arrière et devenir un fantôme, un souvenir, une légende, demeurer éternellement en partance et voler plus léger qu&#8217;un nuage, débarrassé de tout bagage, de toute attache et voguer comme un bateau qui aurait perdu son ancre et se laisser flotter, sans rien regretter, sans rien espérer, vivre aujourd&#8217;hui, maintenant, pleinement et peu importe le reste, peu importent les gens, peu importent les choses, surtout ne rien posséder, ne pas s&#8217;encombrer, ne pas s&#8217;alourdir et sourire, échapper au temps, à l&#8217;usure, se laisser emporter par les vents et voler dans l&#8217;azur pour chaque jour s&#8217;inventer un futur et connaître enfin le vrai goût de la liberté. </p>
<p>La tentation est grande de disparaître, de rayer son nom des listes et de s&#8217;enfuir, sans faire suivre son courrier, sans donner d&#8217;adresse d&#8217;arrivée, de s&#8217;effacer des mémoires et de n&#8217;être plus rien qu&#8217;un total anonyme, un patronyme imprimé sur un passeport, un nom qui ne dirait rien à personne, un inconnu au milieu d&#8217;inconnus, un voyageur sans destination, sans famille et sans mémoire.</p>
<p>Mais il faut croire que je ne suis pas fait pour ça. Même si je passe ma vie à désapprendre ce que mon éducation ou la société ont tenté de me mettre dans la tête, même si je coupais toutes mes amarres et me débarrassais de tous les poids de mon existence, je sais que je resterai là, les deux pieds bien plantés sur le sol. Je ne suis pas fait pour voler, je ne suis pas fait pour la légèreté, je suis fait pour me lier, pour m&#8217;attacher, pour m&#8217;enraciner, pour cultiver l&#8217;espoir sur des ruines et souffrir dans les tempêtes et m&#8217;émerveiller d&#8217;un rien, et tomber pour me relever, et vivre les désillusions, les humiliations mais continuer toujours et me tenir debout et perdre des gens que j&#8217;aime et y croire toujours et quand je n&#8217;y crois plus pouvoir m&#8217;accrocher à toi le temps de reprendre les forces dont j&#8217;ai besoin pour repartir et à mon tour t&#8217;offrir mon soutien et avancer, toujours plus lourd, toujours plus humain, les yeux tournés vers le ciel et les étoiles.</p>
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		<title>Boomerang</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Dec 2009 20:03:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Colin Ducasse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ainsi va la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Jo]]></category>

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		<description><![CDATA[Une femme m&#8217;a écrit. C&#8217;était il y a deux ans mais je viens seulement de m&#8217;en apercevoir, une femme m&#8217;a laissé un message sur un site ancêtre de facebook sur lequel je suis enregistré mais que je visite très rarement, quand je me souviens que j&#8217;ai un compte ouvert dessus. Cette femme, je ne la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une femme m&#8217;a écrit. C&#8217;était il y a deux ans mais je viens seulement de m&#8217;en apercevoir, une femme m&#8217;a laissé un message sur un site ancêtre de facebook sur lequel je suis enregistré mais que je visite très rarement, quand je me souviens que j&#8217;ai un compte ouvert dessus. Cette femme, je ne la connais pas, ne la connaîtrai jamais, mais elle m&#8217;a envoyé un message il y a deux ans. Je le reproduis ici:</p>
<blockquote><p>Bonjour,<br />
Nous ne nous connaissons pas, nous ne nous sommes jamais rencontrés dans une quelconque école, et pour cause, j&#8217;ai 52 ans&#8230;.. mais je pense que votre maman est sans doute la personne que je recherche. Jo, née en 1954 et ayant fréquenté le lycée Robert Schuman de Colombes en 1973 année du bac. </p>
<p>Un peu d&#8217;explications : en 2005, un copain du lycée de seconde cette fois-ci a décidé d&#8217;essayer de reconstituer toute la classe (35 élèves) et il a réussi &#8230;&#8230; 34 retrouvés (malheureusement, un copain décédé) . Depuis, des retrouvailles ont eu lieu à Colombes en 2006 &#8211; 26 présents &#8211; et encore récemment en 2007. A la suite de celà, j&#8217;ai recontacté une copine de terminale inscrite sur le site, et très grande amie de Jocelyne. En fait, on était surtout 4 à être souvent ensemble, moi-même, Michèle, Jo, et Dominique;</p>
<p>Si je vous raconte tout celà, c&#8217;est que de ce petit groupe, nous sommes trois à correspondre, et il manque la quatrième. Dominique qui était la plus proche de Jo aimerait tant la revoir, mais elle n&#8217;ose pas écrire. Alors aujourd&#8217;hui je me décide pour elle.<br />
Dominique habite Maisons Laffitte, a deux enfants, vient d&#8217;être grand-mère. Nous avons toutes plein de choses à nous dire. Si je vous donne autant de détails, c&#8217;est que je pense vous pourrez faire suivre ce mail à votre maman, qui pourra me répondre si elle le souhaite. Etant entendu que je suis persuadée que Jo est bien votre maman. Si d&#8217;aventures, ce n&#8217;était pas le cas, et bien veuillez accepter toutes mes excuses pour vous avoir importuné.</p>
<p>Je vous remercie de cette lecture, de vous faire l&#8217;intermédiaire pour renouer un contact, si toutefois Jo ne le souhaitait pas, merci cependant de juste faire un mini mail pour me l&#8217;annoncer. Soyez assuré que je ne tenterai jamais plus de la contacter. La démarche n&#8217;a pas pour but de forcer qui que ce soit à quoi que ce soit.</p>
<p>Peut-être à bientôt, merci.<br />
Marie-Hélène</p></blockquote>
<p>Je suis resté un petit peu hébété, jamais je n&#8217;avais entendu ces noms mais après tout pourquoi pas, Jo ne m&#8217;avait jamais paru nostalgique de ces années de lycée. Pendant quelques instants, je sens ma pensée qui se bloque, je ne veux pas, je ne veux pas repenser à Jo. En même temps je réalise que je n&#8217;ai pas pensé à Jo depuis très longtemps, qu&#8217;elle m&#8217;était presque sortie de la tête à moins que je n&#8217;ai, moi, refoulé son souvenir au plus profond de ma mémoire. Et ce message périmé sur lequel je tombe, qui d&#8217;un seul coup fait l&#8217;effet d&#8217;un boomerang, je ne sais pas quoi en faire. Puis je me dis qu&#8217;il n&#8217;y a rien à faire. Il est daté du 27 décembre 2007, un peu plus d&#8217;un mois avant la mort de Jo. Je me dis, est-ce que ça aurait changé quelque chose si j&#8217;avais vu ce message à temps? Non probablement pas. Certainement pas. Voici le genre d&#8217;idée qu&#8217;il ne faut pas se mettre dans la tête. Rien n&#8217;aurait été différent, il y aurait juste eu un défilé d&#8217;anciens camarades de classe dans sa chambre d&#8217;hôpital. Et encore&#8230; Jo refusait que les gens lui rendent visite, elle ne voulait pas que les gens la voit <em>comme ça</em>. </p>
<p>Alors, je me suis résigné à faire de ce message une désagréable anecdote. Ma curiosité m&#8217;a cependant poussé à aller voir le profil de Marie-Hélène et, de lien en lien, je suis tombé sur la photo d&#8217;une classe de Terminale D, datée de 1973. Il y a sur cette photo, la jeune fille qu&#8217;était Jo qui, visiblement, avait déjà pris l&#8217;habitude de ne pas regarder l&#8217;objectif du photographe. En regardant attentivement cette photo, j&#8217;ai réalisé qu&#8217;il y avait des tas de choses que j&#8217;ignorais sur ma mère, des choses que je ne connaîtrai jamais&#8230;</p>
<p><img src="http://www.colin-ducasse.net/wp-content/photo-classe-jo1.jpg" alt="Photo de Classe" title="Photo de Classe" width="600" height="452" class="alignnone size-full wp-image-636" /></p>
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