Il y a bien longtemps que je n’étais pas revenu ici. J’ai l’étrange sentiment de mettre les pieds dans une maison abandonnée depuis longtemps. De la poussière s’est déposée sur les mots, une vague odeur de renfermé flotte dans l’air. Tout est silencieux, immobile. Je me sens un peu coupable car c’est ici que doivent s’entreprendre mes travaux les plus importants; c’est ici et uniquement ici que je peux véritablement questionner le monde et communiquer un peu de cette urgence à vivre que je ressens; c’est ici que je peux me créer et que je mettrai un terme final à la comédie de cette existence entravée par la débilité des consensus ambiants. Mais l’heure n’est pas vraiment venue et cette fois-ci je ne fais que passer. Je ne peux pas dire si je reviendrai souvent en 2011. J’aimerais bien mais ce blog est capable de consumer tout ce que j’ai de temps de cerveau disponible et pour l’instant, je consacre celui-ci à Green Paradise.
Aujourd’hui, j’ai 33 ans et pour la première fois je ne ressens pas les affres de Janvier: je suis devenu résilient, bien joli mot pour dire aussi que je mets de la distance entre moi et le monde extérieur, que je relativise beaucoup ce qui peut arriver ou se dire autour de moi : je crois que je finirai vieux sage sur un rocher du Finistère. Je retrouve aussi un peu de légèreté, un peu d’inconsistance, un peu de ma futilité mais je marche toujours avec des semelles de plomb et je traîne toujours mes chaînes. La liberté a un prix que je ne suis pas encore prêt à payer. Il me faudra bien cependant frapper un grand coup dans la fourmilière si je ne veux pas finir dans l’amertume : j’ai besoin d’un peu de chaos pour exister, pour me sentir vivant, pour arrêter de subir et de me regarder vivre. Le ferai-je en 2011 ? Nous verrons bien.
Quoiqu’il en soit, cela m’a fait du bien de revenir ici parler quelques instants. J’y reviendrai peut-être plus souvent que je ne pense. Après tout, il suffit de passer un coup de chiffon et d’ouvrir les volets, la maison tient encore bien debout et puis ici, je suis chez moi.

C’est marrant. Comme toi, j’avais laissé ma maison un peu à l’abandon puis je reviens en janvier. Finalement rien n’a changé, mais il faut un peu de temps pour reprendre des habitudes. bonne route !