Je ne suis pas juif.
Je ne suis pas musulman.
Je ne suis pas catholique.
Je ne suis pas protestant.
Je n’adhère à aucune philosophie orientale.
Je ne suis pas même agnostique.
Athée, mais alors jusqu’au bout des ongles, un vrai de vrai. Un qui te brûle tous les Dieux, tous les Allahs et tous les Bouddhas de la création humaine. Je ne crois tout simplement pas en l’existence d’une quelconque forme de conscience supérieure qu’elle soit guide ou démiurge. Je ne m’inscris dans aucun destin individuel ou collectif et j’ai récemment décidé de tracer mon propre chemin, comme je sais le faire, méthodiquement, lentement, avec une infinie patience.
La vie telle qu’elle est ne me convient pas ? Peu importe ! Je peux choisir d’assumer la médiocrité de l’existence, douillettement enfermé dans le cocon des conventions humaine mais dans ce cas, au revoir les regrets, les remords et les lamentations : il me faudra accepter de n’être qu’un mollusque accroché à du vide. Ou bien plutôt, je décide de jouer selon mes propres règles et j’envoie sur le tapis les dés pipés qui aboliront le hasard. Je vais m’écrire et me réinventer. Par avance, je tiens à m’excuser car j’ai toujours trouvé ça extrêmement vulgaire de parler de soi, cela relève d’une forme d’égocentrisme stérile qui aurait l’arrogance de me donner une valeur incroyable que je n’ai pas. Mais malheureusement, comme je suis le sujet que je maîtrise à peu près le mieux, c’est dans cette direction que je vais m’embarquer. Vous allez bouffer du “je” à en avoir une indigestion, du “moi” bien froid, bien tranchant, bien méchant. De toute façon, on ne se fait jamais entendre quand on est gentil. Il faut toujours s’adresser aux autres armé de couteaux.
Depuis que j’ai ouvert ce blog, je n’ai pas cessé de m’éloigner des hommes pour ne plus m’intéresser qu’à l’homme seul et prisonnier de sa propre geôle, mû par je ne sais quels penchants sado-masochistes. J’ai jeté aux orties tout intérêt pour la chose politique et cessé mes tergiversations métaphysiques. La place de l’humain dans l’univers ? – Un putain de microscopique grain paumé au coeur du grand tout. Qui suis-je ? – Personne. Je n’existe tout simplement pas, non parce que je ne suis qu’une création de l’esprit mais parce que c’est ainsi pour tous. Personne n’existe en dehors de soi. Jamais. Où vais-je ? – Je fonce en ligne droite vers la mort, comme tout le monde et c’est une telle évidence que je me demande pourquoi tant de gens osent encore se poser cette question. Où vas-tu ? Nulle part. Tu finiras entre quatre planches ou dans une petite boîte après que l’on t’auras bien fait cramer. Et cette finalité qui, tu l’avoueras quand même, est d’une importance capitale, je ne comprends pas non plus qu’elle ne t’occupe pas plus souvent l’esprit que ça. Enfin, il arrive peut-être que tu y songes souvent, ce n’est pas ça que je veux dire. Ce que je veux dire c’est que ta mort devrait être ta principale préoccupation, c’est ta mort qui devrait investir l’intégralité de ton espace-temps d’existence. Toute ta vie devrait se concentrer sur ta mort car au fond, il ne t’arrivera jamais rien de plus important – en espérant que cela soit bien le putain de terminus.
Mais voilà que je pars en digressions, je voulais parler de moi, toi je m’en fous, mais voilà que je n’ai pas pu m’empêcher de te parler de toi alors que bon, franchement, nous savons tous les deux que tu es irrécupérable et que tu te demandes pourquoi tu lis ces mots plutôt qu’un bon catalogue IKEA. Maintenant si tu es arrivé jusque là, c’est que j’ai quand même réussi à retenir ton attention au détriment de meubles de cuisines. Ce qui me fait dire que moi, je n’ai pas perdu mon temps à écrire ces mots. Si tu veux bien on continuera cette petite discussion.
Etape Zéro : création de mon compte facebook à moi. Dire qu’il faut en passer par là pour exister…
“Dire qu’il faut en passer par là pour exister…”
A l’occasion, et si tu veux bien encore parler de toi, je souhaiterais que tu m’expliques cette phrase.
Et moi qui commençais à me convaincre que l’existence est justement en dehors de “ça”…
Il y a des chances que je revienne un jour sur cette histoire de facebook, si tout se passe bien
Mais ça ne sera pas pour tout de suite…
Bon je débarque avec mes gros sabots, hein! Désolé.
Pas d’accord, le plus important ce n’est pas ma/ta mort mais ma/ta vie même s’il ne faut jamais perdre de vue qu’au bout il y a la mort, surtout ne pas la perdre de vue.
Mais le plus important dans la vie c’est moi/toi et ce n’est pas de l’égocentrisme.
Quand je/tu vas bien avec moi/toi le reste c’est du pipi de chat (pardon aux amis des animaux)
Le reste on s’en fout.
@PascalRidel > En fait c’est une question d’interprétation de mon texte, dans le fond je pense que nous nous rejoignons. Quand tu écris “surtout ne pas la perdre de vue” par rapport à la mort, moi j’écris “ta mort devrait être ta principale préoccupation” qui est une formulation plutôt elliptique, je l’avoue.