J’essaie de me rappeler pourquoi ce garçon avait piqué ma curiosité mais je n’y arrive pas. Il paraît que les souvenirs reviennent quand on vieillit, en même temps que la mémoire à court terme s’amenuise. Je ne sais pas s’il en ira ainsi pour moi mais quand je vois la difficulté que j’ai à me remémorer le passé, je crains surtout d’avoir un Alzheimer précoce. Quoiqu’il en soit et quelles qu’aient été les raisons, je sais que dès que je l’ai vu, j’ai voulu savoir qui il était. Je vivais alors dans un cocon étouffant dont je faisais tout pour m’échapper. J’avais repris le théâtre après deux ans de pause et j’avais soif de (re)voir du monde, de parler avec des gens, de m’amuser et de retrouver une vie sociale. C’est dans ces circonstances que je l’ai vu pour la première fois et qu’il m’a intrigué pour je ne sais donc plus quelle raison, le simple fait qu’il soit obviously gay n’étant pas suffisant pour expliquer l’investigation que je m’apprêtais à lancer pour découvrir son identité. Un matin, on fait mine de rien mais on attend qu’il arrive, on se faufile derrière lui dans l’entrée du batiment et là, juste devant les badgeuses, coup d’œil oblique pour capter le nom inscrit sur le badge. J’ai toujours été très bon pour observer à l’envers, de travers, dans toutes les positions. Je ne me souviens pas de ce que j’ai fait hier mais ma mémoire à court terme est excellente, et photographique. Je capture d’un coup tout ce qui rentre dans mon champ de vision et puis j’opère le post-traitement de l’image dans mon photoshop mental. Zoom. Rotation. Re-zoom. Contraste. Et j’ai son nom. Après il n’y a plus qu’à faire un tour dans le trombinoscope pour découvrir ce qu’il fait, dans quelle équipe il est, etc… Mais ce n’est pas assez, alors on fait tour sur les Pages Jaunes. Un parisien. Un coup dans Google qui ne me dit pas grand chose. Des jours passent, on continue de se croiser sans se parler, je continue de chercher et je ne sais plus comment, je finis par tomber sur son blog. Je découvre sa vie, ses loisirs, je croise des noms dont je découvrirai les porteurs quelques années plus tard. On continue de se voir régulièrement dans les couloirs, dans les transports, on ne se parle toujours pas. Je lis son blog jour après jour et j’aime bien ce que j’y trouve.
Il se passera encore quelques temps avant qu’on ne se parle, avant qu’il ne m’aborde en fait,
quelques temps avant que nos conversations ne deviennent régulières,
quelques temps avant qu’une amitié se dessine entre nous,
quelques temps avant que je me libère de la touffeur du cocon,
quelques temps avant que je lui tende un piège diabolique,
quelques temps avant la première étreinte,
le premier baiser,
la première nuit,
Et l’amour qui aujourd’hui nous unit.
C’est très beau et bien écrit (comme d’hab.)
(si j’avais était plus kikooLoL, j’aurais écris “c’est TRO KAWAiiiiiii “)
C’est beau
Tout ça pour que je mette la table tous les soirs sans me plaindre. Pfff, comment ça marche trop bien en plus !!
Sun shines somwhere upon you two. That’s sweet. Thanks for sharing some of your bliss from one blog to the other from times to times in such wonderfull manners
Y’en a qui ont de la chance de vivre un amour comme ça moij’dis !
beau et émouvant
Joliment écrit. Pour avoir récemment vécu une situation similaire, on souhaiterait presque ne jamais rompre ces instants porteurs d’espoirs
Quel beau billet !
(et qui me fait penser qu’il faut qu’aujourd’hui sans tarder j’écrive à mon non-amoureux, lequel est quand même en quelque sorte venu me chercher avant de dévoiler qu’il ne lui saurait être question de m’aimer – rien à voir hélas avec une quelconque question d’orientation sexuelle, obvious or not, dans un sens ça m’aiderait -).
c’était écrit
c’est joliement écrit
c’est joliment décrit
soyez heureux
chaleureuses pensées
au plaisir de vous lire à nouveau