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Jo -Janvier 2007Quelque chose en moi se refuse à accepter son absence. Je m’en rends bien compte, je ne fais aucun effort pour en finir avec le deuil de Jo. La douleur persistante qui s’aiguise parfois violemment dans mon estomac ne m’empêche pas de vivre, ni de continuer, ni d’être heureux, elle n’est en rien une entrave à mon avenir. Je ne vis d’ailleurs pas cette souffrance comme un poids, on pourrait même dire que je me complais auprès d’elle et, si parfois de temps en temps elle me submerge, le plus souvent elle me porte et me donne une hargne que je n’avais pas avant. Ma souffrance est un soleil noir qui brille en plein midi, un astre sombre et magnifique et même si elle est le signe absurde d’une inévitable évidence, je l’entretiens.

C’est un combat contre l’oubli, contre l’effacement, l’affadissement ; cette douleur si vive, si physique est la marque du refus de la laisser à jamais s’en aller, elle est la preuve de son existence et de la place qu’elle occupe dans ma vie, d’hier à aujourd’hui. C’est en tombant par hasard sur cette photo - coup de poing en plein en coeur - que ces pensées me viennent. La photo est prise en janvier 2007, quatre mois avant que le nénuphar dans la poitrine de Jo n’active le poison de ses tentacules. Nous étions bien loin de penser qu’un an plus tard le sol s’ouvrirait sous nos pieds. Quand je pense à Jo, je la revois telle qu’elle était à cette époque là, terriblement heureuse d’avoir réussi à nous réunir pour passer trois semaines de vacances tous ensemble et sachant peut-être inconsciemment qu’il s’agirait de la première et dernière fois.

4 voix dans la nuitQuelque chose à dire?
  • MyAvatars 0.2

    Alice m'a murmuré à l'oreille:  

    «C’est un combat contre l’oubli, contre l’effacement, l’affadissement» : il y a une chose que je peux te garantir: tu n’as pas besoin de combattre.
    On n’oublie pas, rien ne s’efface, ça ne s’affadit pas. Tout au plus ça s’adoucit un peu, la douleur est moins violente. Mais le manque… peut-être même qu’il se creuse.

    Donc rassure-toi, tu n’a pas besoin de combattre : ça ne passera pas (est-ce que c’est triste? je ne crois pas. En tout cas, moi, je trouve ça rassurant. C’est si terrible de se dire qu’on pourrait oublier).

  • MyAvatars 0.2

    chondre m'a murmuré à l'oreille:  

    Un peu d’accord avec le commentaire ci-dessus. Tu n’as pas à lutter, sinon avec le chagrin, bien naturel. Jo est bien là, au fond de toi, et pour toujours.

  • MyAvatars 0.2

    Leto m'a murmuré à l'oreille:  

    +1
    Tu n’oublieras pas. Et tant qu’on vit, nos morts sont encore en vie par tout ce qu’ils nous ont donné et que l’on porte en nous.
    Jo était aussi une partie de toi. Qui, elle, ne s’en ira pas. Il suffit de continuer à l’aimer. Et si tu en as besoin (ça a l’air con, mais ça fait du bien) : parle lui un jour.

  • MyAvatars 0.2

    Francis m'a murmuré à l'oreille:  

    je voulais simplement aussi te murmurer qu’il ne faut pas combattre, que Jo est toujours là.. surtout que tu la “revois terriblement heureuse”…

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Pièce n°03122008 ajoutée au(x) dossier(s):Ainsi va la vie