A l’origine de ce billet, je voulais vous parler de ce que j’endure actuellement au travail où je suis très inhabituellement productif afin de pallier les déficiences de mon boss direct. Car malheureusement pour moi, je dois vous avouer que je suis du genre perfectionniste dans mon job et ce, malgré le peu de considération que je peux avoir pour la vie de salarié. Je n’ai personnellement aucune ambition professionnelle, je sais exactement ce que j’ai à faire et je le fais bien même si pour cela je dois passer 80% de mon temps sur internet à réfléchir et 20% à véritablement effectuer la tâche qui m’a été confiée – et je suis durant ces 20% d’une efficacité diabolique. Je suis du genre à exceller dans l’urgence et à procrastiner plus que de raison si j’ai des objectifs à moyen terme. Mais au final, je délivre en temps et heure et je suis le chouchou des clients car hyper carré sur les plannings. Tout ça pour dire qu’en ce moment je suis justement dans les 20% de productivité. Sauf que, loi de Murphy oblige, une ÉNORME réorganisation se profile pour le début 2009 et qu’il a été demandé à mon boss de travailler dessus (stratégie, plans de ressources, analyses de marché, propositions organisationnelles cross-départements, etc…) Cela représente un investissement neuronale et horaire important et les enjeux sont loin d’être négligeables (en gros il est censé justifier notre existence au sein de l’entreprise). Jusque là tout va bien, nous sommes droits dans nos baskets dans l’équipe et nos compétences sont reconnues. Donc pas vraiment de quoi mettre le feu au lac sauf que notre boss adoré ne fout rien du tout et quand je dis rien, c’est rien. Genre il va droit dans le mur et il nous emmène avec lui.
Et cela m’a rappelé le Principe de Peter (de Laurence J. Peter et Raymond Hull) dont l’énoncé est le suivant:
En résumé, le Principe de Peter dit que tout employé compétent est promu, du fait de ses compétences, jusqu’à finir dans un poste où il est totalement incompétent et où il stagne. Nous sommes exactement confrontés à cette situation dans le cas de notre boss. Il est devenu gros boulet au fil du temps si bien que je finis par ne plus vraiment prêter attention à ce qu’il me dit et je mène ma barque comme je l’entends. A la sortie de l’école d’ingénieur, j’ai été à deux doigts de faire un DESS sur la dynamique des organisations. Pour l’admission j’avais du rédiger un mini-mémoire sur un sujet de mon choix. J’avais justement pris le Principe de Peter. L’idée du DESS est tombée à l’eau quelques jours avant la rentrée car j’estimais que je n’avais pas suffisamment d’expérience professionnelle pour en tirer pleinement partie. C’était de la clairvoyance car aujourd’hui je sens que je pourrais en faire un roman.

Illustration du principe de Peter
J’aurais pu en rester là mais en replongeant dans ces considérations hiérarchiques, je me suis mis à fouiller un peu sur la toile pour voir ce qui se dit sur Peter. Et je suis tombé sur le Principe de Dilbert (Scott Adams), du nom de personnage de bande-dessinée, et qui présente une version en pire du principe de Peter. Ce nouveau principe nous dit que:
aux postes où ils risquent de causer le moins de dégâts: l’encadrement
Dilbert c’est pire que Peter, car il dit en gros que les compétents restent à leur place car devenus indispensables à la bonne marche de l’entreprise, tandis que les incompétents gravitent dans les échelons de la hiérarchie. C’est la promotion des nuls qui pataugent dans le rien et qui se retrouvent parasités par les bons qui, pour faire que la machine fonctionne, outrepassent leurs responsabilités. Bref, plus personne n’est à sa place et là, c’est typiquement ce que je retrouve dans mon entreprise où la dilution des responsabilités et la prolifération des powerpointistes est juste alarmante. Alors quand je me vois risquer la mort par Excel pour pondre la stratégie de toute une entité en lieu et place de mon boss, j’ai beaucoup de mal à ne pas m’y reconnaître.

Illustration du Principe de Dilbert
Sur ce, je vais m’en retourner travailler car forcément, je me devais de bloguer tout ceci depuis mon bureau sinon ça n’aurait pas été drôle en cette époque où les échéances s’aiguisent comme des épées de Damoclès au dessus de ma tête et sur lesquelles je porte un regard gentiment indifférent. Tiens cela me fait penser que j’ai peut-être mon mot à dire, quelque chose que ne reflète ni le principe de Peter, ni celui de Dilbert. Je vais l’appeler le Principe de Ducasse dont l’énoncé sera le suivant:
et de la capacité à comprendre de sa hiérarchie et finit par n’en faire plus qu’à sa tête

Comme je me reconnais dans ce que tu écris, c’est fou. Bon courage pour abattre les 20% de boulot et le petit plus du à ton chef
Dire que j’encadre un tout petit peu et commence à avoir envie d’encadrer à plein temps. J’ai peur Colin, j’ai peur.
Se foutre de l’avis des chefs et n’en faire qu’à ma tête : je sais très bien faire ! Mon ancien patron en Angleterre l’a expérimenté à son grand désespoir. Gnark !
Merci pour ce billet qui remet les choses et les incompétents à leur place !!!