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R.A.S.

Il y a des moments comme ça où il n’y rien à dire sur la vie, où l’existence est à ce point inscrite dans la continuité et la banalité qu’on ne peut rien écrire à son sujet si ce n’est “R.A.S.”, rien à signaler, passez votre chemin, il n’y a rien à voir. Ça sent la procrastination, l’étiolement des heures qui se dissolvent dans l’air, le refus total de faire le moindre effort et la réalité qui s’affadit, s’estompe et s’amollit. On se laisse emporter par le courant, sans résistance on s’abandonne aux flots qui ne cessent jamais. Tout ce couvre de gris à mesure que l’été s’éloigne, le corps est déjà fourbu, nous sommes en septembre, l’esprit est fatigué, nous attendons l’automne. Une période d’acclimatation nécessaire avant de retrouver la force de remonter au créneau. Une immobilité brumeuse.

Alors vous l’aurez compris, pour l’instant, je n’ai rien à dire, rien à écrire. Ce n’est pas l’envie qui manque, c’est la matière. La vie réelle est en ce moment un peu ennuyeuse alors je préfère de loin me tourner vers l’imaginaire et rêver un peu. Classique mouvement de balancier de mes humeurs. Un jour je suis ici présent, dans le monde et parmi vous ; demain je ne suis plus là, je pars loin très loin. Le voyage est intérieur mais terriblement dépaysant.

Pour ce qui est de l’extérieur, en attendant, R.A.S.

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