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WALL-E

30 Jours de Nuit

Fable robotique réalisé par Andrew Stanton
Avec les voix de Ben Burtt, Elissa Knight, Jeff Garlin, Fred Willard, John Ratzenberg, Kathy Najimy, Sigourney Weaver, Paul Eiding

Je ne m’attendais pas spécialement à grand chose en allant voir Wall-E. Je me doutais, Pixar oblige, que j’allais passer un agréable moment devant l’histoire de ce petit robot amoureux mais je n’espérais pas vraiment plus. Pourtant j’aurais du me méfier, me souvenir de Ratatouille. Quand j’avais lu le synopsis de cette histoire de rat cuisinier, je n’étais pas vraiment emballé mais j’en étais sorti enchanté, admiratif et assez surpris par l’inventivité du scénario. Pour Wall-E, l’histoire est sensiblement différente, la bande annonce me donnait carrément déjà des frissons. Je me disais alors que j’allais assister à une gentille bluette façon E.T. catégorie tire-larme efficace et qui fait tout chaud au cœur : nouvelle erreur de ma part, ou plutôt intelligence de Pixar de réserver le maximum de surprises pour la projection.

Je vais passer rapidement sur Wall-E et son obstination à vouloir retrouver Eve. Il est drôle dans sa maladresse, attachant dans son entêtement, émouvant dans sa poursuite de l’amour à tout prix. Mais là-dessus, tout a été dit, tout était dit avant même que l’on voit le film. Sur ce point, le film remplit totalement sa mission, celle que je pensais première, de nous faire rire et pleurer devant une petit mécanique que tout le monde rêverait de posséder.

Là où le film m’a vraiment surpris c’est dans l’étrange pessimisme qui baigne cette production qui, rappelons le, est estampillée Disney! Et pourtant, il y a un indéniable côté sombre dans Wall-E. Que ce soit au travers d’une vision apocalyptique d’une Terre dévastée ou de la condamnation de la société de surconsommation, de la globalisation économique, de l’abrutissement des masses devant leurs écrans, Wall-E dresse une peinture peu amène de l’humanité devenue grasse, bovine, aveugle à ce qui les entoure et dont les représentants ont d’ailleurs perdu leur “forme humaine” (les humains du passé sont joués par de vrais acteurs, ceux du présent de Wall-E sont en images de synthèse). Il y a aussi ces courtes visions des couveuses, un quelque chose du Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley et la résurgence de HAL, ordinateur de bord du Discovery dans 2001, L’Odyssée de l’espace (ce n’est d’ailleurs pas la seule référence au chef d’oeuvre de Kubrick), sous la forme du robot Otto qui maintient l’humanité en pilotage automatique. Même la fin du film n’est pas vraiment optimiste à mon sens. Evidemment tout se termine bien pour Wall-E. Pas dit qu’il en soit de même pour la race humaine pour laquelle Wall-E n’a d’ailleurs que peu, voir pas du tout d’intérêt : seule l’intéresse Eve.

En parallèle, il y a l’image de ces lignes suivies par tous, hommes ou robots, ces voies toutes tracées dont il n’est pas prévu de s’écarter. C’est là où le film devient étrangement subversif. Je compte : Wall-E qui ne connait rien aux lignes, le petit-robot laveur qui s’éclate en sortant du chemin, les robots cinglés qui s’évadent de leurs parcs et foutent gentiment le bordel, les deux humains qui, s’écartant des lignes, se mettent à regarder autour d’eux comme s’ils voyaient pour la première fois et enfin le pilote qui dénigre les instructions d’Otto. Sortir du rang, ne pas suivre la ligne qu’elle soit tracée au sol ou décrite dans un manuel, le film enchaine les transgressions qui conduiront au salut et qui ne sont que le fait de Wall-E, petit robot devenu grain de sable dans une mécanique aliénatrice particulièrement bien rodée. Un message pour nous tous?

3 Responses to WALL-E
  1. matorif
    Août 19, 2008 | 17:49

    une analyse bien fine. J’ai été moi aussi bien surpris par le pessimisme de ce film d’animation qui montre bien l’indépendance de pixar par rapport à Disney et son gloubiboulga de bons sentiments parfois indigeste (et pourtant, j’aime quand ça dégouline de bons sentiments !). wall-EEEEEEEEEEEEEEEEEEE !!!!! (et j’ai adoré MO aussi :p)

  2. Ditom
    Août 25, 2008 | 13:49

    Il est rare que je sois complètement d’accord avec une critique de film…Et pourtant ici, pas un mot à ajouter ou à retrancher. Simplement que je fus presque soulagé de constater que la conscience d’une institution américaine telle que Disney, censée refléter ou tout au moins donner une tendance de la celle de la société américaine, se réveille doucement en tirant une sonnette d’alarme face au(x) danger(s) du tout économique.

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