Sur le fil – Yann Tiersen
Prendre la voiture, comme ça, sur un coup de tête, à la fin d’une mauvaise journée. Rouler sans réfléchir, toutes fenêtres ouvertes, un morceau de Chopin dans l’autoradio. Vider cette tête pleine à exploser, se dissoudre dans les lumières filantes de la ville et fendre la nuit jusqu’à n’être plus qu’un songe. Brûler tout brûler dans les crissements des pneus, ignorer les feux rouges et foncer oublieux des carrefours. Jouer tout jouer, comme ça, sur un coup de tête. Lancer les dés sur l’asphalte de Paris, les faire ricocher dans les sens-uniques – ceux-là sauront abolir le hasard. Filer comme une étoile et tourner autour de la Concorde et de sa galaxie de réverbères. Accélérer, ligne droite infinie pour ne plus jamais s’arrêter. Appuyer sur l’accélérateur jusqu’à en avoir mal au pied et voir l’aiguille du compteur monter, et voir l’aiguille du compteur monter… Du vent dans les cheveux, un piano dans la nuit, foncer sans jamais regarder en arrière et, comme ça, sur un coup de tête, devenir incandescent, comète lancée sur sa trajectoire certaine et décoller, incendier au passage les arbres de l’avenue, monter vers les étoiles et dans le ciel nocturne exploser en un gigantesque feu d’artifice!

Belle montée en puissance, on sent la pédale d’accélération se durcir sous le pied et le moteur rugir.
Braoum!
Rouler sans regarder dans le rétroviseur, uniquement attiré par ce que cache l’horizon…
ça me rappelle l’un des premiers courts-métrages de Claude Lelouch « c’était un rendez-vous ».
il s’était juré de ne pas s’arrêter quoiqu’il arrive.
http://www.kookyoo.net/blog/psylo/rendez-vous-court-metrage-claude-lelouch-paris-00000703
@Dusan> Broum, broum, bisous
@Co* > Merci pour le lien, je n’avais pas vu ce court depuis très très longtemps! C’est vrai que ça pourrait cadrer avec le texte