
Les Assis – Arthur Rimbaud/Léo Ferré
C’est une petite réflexion qui me taquine les neurones depuis déjà plusieurs semaines. Les spécialistes pourront dire que je n’y connais rien et ils n’auraient probablement pas tort, aussi n’exprimé-je ici que mon petit ressenti à moi qui va tout de même assez grandissant. Je parle ici du mécontentement grondant des cadres tiraillés entre le stress du boulot et les obligations familiales, entre l’angoisse de mourir à quarante ans d’un accident cardio-vasculaire et celle de ne pas remplir ses objectifs, je parle de ceux à qui l’ont prête facilement la belle vie mais qui ne connaissent ni les 35 heures ni les heures supplémentaires et qui peinent à écouler toutes leurs RTTs dans l’année. En disant cela, je ne fais que dresser un constat, n’allez pas chercher dans mes propos une quelconque preuve de compassion. Pour moi, ces gens comptent parmi les plus stockholmisés de notre société, prêts à sacrifier l’essentiel de leurs vies privées à l’autel du travail grâce la rémunération qu’ils perçoivent en retour et qui compense à leurs yeux le manque à gagner. Ceux-là ont majoritairement voté pour Nicolas Sarkozy censé garantir leur niveau de vie.
Sauf que le climat ambiant est mauvais, qu’on se suicide chez Renault, que le cours du pétrole augmente drastiquement et que le gouvernement cherche à sucrer les RTT. Sauf que la grande majorité des cadres, aussi bien payée soit-elle (ce qui d’ailleurs n’est pas si vrai que cela) voient eux aussi les grands patrons s’en mettre plein la panse et qu’à force d’usure, on sent poindre dans les rangs une envie atavique d’avoir sa part du gâteau – et on fait à nouveau un petit coucou à Maslow. On sent le statu quo qui vacille, qui tient encore mais qui chancelle. Les premiers partisans du système grincent des dents et qu’y a-t-il de plus dangereux que de frustrer un enfant égoïste et gâté? que de contrarier les élites d’une nation? que de faire trembler l’assise d’un régime? Revenir sur les acquis des fonctionnaires ou des classes inférieures passe encore, mais revenir sur ceux des assis est un jeu risqué. Je simplifie à outrance, j’en suis conscient, mais l’air que je respire sent les grands bouleversements, la décapitation des rois par les bourgeois. J’extrapole je sais et je sais aussi que je n’y connais rien, que je n’ai pas les chiffres, les bonnes analyses sous les yeux mais que voulez-vous, j’ai toujours rêvé de Révolution. C’est mon petit côté Robespierre, je n’aime pas les transigeances et l’époque est un peu trop tiède à mon goût.
Attention à ne pas faire des généralités mon lapin. Je connais beaucoup de secteurs où les fonctionnaires ou assimilés bossent bien plus que dans le privé, ne peuvent pas bénéficier du tarif “heures supplémentaires”, ne peuvent pas prendre leurs fameux RTT, sont moins payés et ne bénéficient pas de prime de fin d’année.
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Pourquoi bosser dans ces secteurs me diras-tu? Juste par éthique ou conscience te répondrais-je.
Sinon, pas contre la révolution non plus.
Je ne dis pas du tout le contraire mon Chondrounet. Je ne parle vraiment que des cadres du privé, ni plouche ni moinche. Mais il faudra que je consacre plus de temps au sujet un jour… ou pas
Ouiiii, coupons les couilles aux cadres du privé!
J’ai la même impression que toi. Sarkozy et l’UMP viennent d’attaquer leur base sociale, avec une violence incroyable. Le pire dans l’histoire, c’est qu’il n’existe pas d’opposition digne de ce nom ; quel cadre un peu conscient va filer les clés de l’Elysée à Dame Ségo après ses déclarations ?
Alors, reste plus que la Révolution ? Mouais, si c’est pour filer le pouvoir dans 10 ans à un nouveau Napoléon, après une année de Terreur, on va regarder à deux fois, non ?
@Franck > Je suis d’accord avec toi, il ne faut pas me prendre trop au sérieux mais un bon petit chamboulement ça ne fera pas de mal je crois