L’autre jour, Chéri et moi philosophions devant un épisode de Sex and The City. Nous étions d’accord pour dire que Carrie n’est pas vraiment réglo avec l’être parfait qu’est Aidan mais je n’arrivais pas, et c’est toujours le cas d’ailleurs, à comprendre comment elle pouvait lui préférer quelqu’un comme Big. Et puis la façon dont elle rompt à chaque fois avec Aidan c’est franchement pas joli-joli. C’est là qu’une petite voix s’est élevée dans mon esprit…
” Dis-moi Colin, tu en as beaucoup eu des ruptures élégantes, toi?
- Je…euh…ben… hein?
- Et bien sûr à chaque fois que tu as rompu, tu étais irréprochable, plein de tact à essayer de faire passer la chose le plus en douceur possible?
- Je… hum. Tais-toi, petite voix!”
A y regarder, quoiqu’il arrive, lorsque l’on se fait larguer, c’est très généralement l’autre le salaud, pour de multiples raisons qui sont toutes meilleures les unes que les autres bien évidemment. Je n’ai pour ma part jamais vécu de séparation à l’amiable. Ca doit être génétique ou quelque chose du genre. Avec moi, ça a toujours cassé d’un côté ou de l’autre. Mais à y regarder de plus près, le plus moche n’est jamais survenu alors que je me faisais jeter comme une vieille chaussette mais plutôt lorsque j’avais décidé de mon côté à moi tout plein de mettre fin à une relation.
Nous ferons le distinguo entre a) les histoires dites “sérieuses” ou qui ont compté, indépendamment de leur longévité et b) les histoires anecdotiques, les égarements passagers de l’esprit et les relations hygiéniques. Il y a un cas c), les relations purement sexuelles mais celles-ci ne posent en général pas de problème sauf si elles virent au cas b).
Je vais commencer par le cas b) qui offre une palette de modes de rupture assez large. Vous avez les partisans du “il faut que je te parle” où rien qu’à la tête de la personne qui parle, la personne en face comprend que c’est fini. J’ai tenté ça quelques fois et quasiment toujours au moment où l’autre s’apprêtait à me demander en mariage. Drame interstellaire. Trop de cris, trop de larmes, trop de gestes. A vouloir dire les choses on se retrouve embringué dans des réglements de comptes interminables qui au fond n’intéressent que le largué. Puis il y a la technique du mail/MSN/Texto qui dit en substance “Ciao Bye Bye”. Je sors actuellement avec un spécialiste de la pratique, je vous raconte pas l’angoisse à chaque ouverture de mail ou de SMS – mais c’est pas une relation de type b) c’est une relation de type a)! Me voilà rassuré. Ou pas. Bon je dis ça mais il m’est bien évidemment arrivé de le faire aussi mais là encore on se retrouve fatalement avec la séance d’explications dont on n’a rien faire mais dont l’autre a besoin pour son équilibre psychologique. Et franchement, quand on en a malheureusement pas grand chose à faire de cette relation, c’est plus ennuyeux qu’autre chose de s’expliquer. Ça implique aussi de devoir rester diplomate avec des “Mais c’est pas de ta faute”, “ça marche pas c’est tout” alors qu’au fond on pense “comment je vais faire, j’ai rendez-vous dans un quart d’heure, il va jamais me lâcher la grappe”. Donc bref méthode inélégante ET embarrassante. D’autant que l’autre en face, il est peut-être dans une relation de type a) lui. Bonjour la prise de tête. Tout ça pour dire que dans le cas b) j’ai adoptée la technique propre, rapide et efficace dite “de Garcimore”. Hop a plus! Disparu! Réponds plus au tel! (Au passage il est évident que dans une relation de type b) on ne donne jamais les doubles de ses clefs d’appart…) Bon bref, côté élégance, on pourra repasser…
Côté relations de type a), c’est un peu plus compliqué, forcément. Déjà il y en a moins même s’il est vrai que certains sont champions pour tomber hyper-amoureux tous les deux jours. Mais ce n’est pas mon cas. Je ne m’étendrai pas beaucoup ici car voyez-vous c’est très personnel, bande de petits pervers et voyeurs! Car même quand on rompt, c’est douloureux. Alors largué ou largueur, le constat d’échec est, à l’arrivée, cuisant des deux côtés. Le rejeté voit forcément l’autre comme un salaud intégral et lui-même comme une victime de cette chienne vie de merde. J’ai connu des ruptures “faciles” où l’on se rend à l’évidence et des ruptures plus dures genre Murder on the Dancefloor. Quoiqu’il arrive à ce moment-là, les rôles sont bien séparés, entre le bon et le mauvais.
Discover ABBA!
J’ai toujours ete reglo quand je plaquais mes mecs. Je vais les voir et je leur dis que c’est fini. Mais une fois, j’ai plaque un mec alors qu’on etait au pieu, en plein dans l’action!!! Je m’en suis toujours voulu.
Encore un article de Colin comme je les aime
a bien y regarder, une rupture ne peut jamais être propre, elle laisse toujours des questions en suspend…
@Jujupiter : Désolé, je n’ai pas pu m’empêcher d’éclater de rire. Ca pourrait faire une scène de film ou de série absolument génial. Après, il ne faut pas trop s’encombrer de regrets, ce sont des pollueurs de l’esprit.
@RomainB : Merci Monsieur
Kiss…
@The6L20 : Oui c’est bien le propos de ce billet avec aussi l’idée que l’on est prompt à incendier l’autre qui nous largue alors qu’on n’est pas forcément exemplaire lorsque l’on est de l’autre côté de la barrière.
Je suis tout a fait d’accord sur le fait que carrie est une grosse conne et que le pauvre aidan (qui est un dieu vivant) mérite un calinou