Ces derniers temps, je m’échauffe les neurones à bâtir des théories sur LOST. Récemment il est devenu “évident” que les time loops sont au coeur de cette série (d’ailleurs, pour les fans une théorie très intéressante et assez fascinante se trouve là). De fil en aiguille, je me suis mis un peu à réfléchir à l’idée de voyager dans le passé pour y corriger certains éléments de ma vie.
Bien sûr il y a eu des erreurs de parcours, des choix qui ne se sont pas forcément avérés judicieux, des connaissances que l’on a expédiées sans un mot dans le monde de l’oubli, des coups de pute qui apparaissent bien puérils aujourd’hui et des compromissions qui nous ont pollués l’esprit. Il y a eu des moments difficiles, des moments horribles, des moments d’enfer où des gouffres sans fond s’ouvrent sous nos pieds, des moments qui ne peuvent pas être tant ils sont insupportables, des moments de rien où le se sent plus vide que le néant. C’est là que l’on appuyerait bien sur la touche reset pour ne pas avoir à endurer plus avant ces instants difficiles. Je me souviens avoir violemment espérer pouvoir faire se retour en arrière. Et puis il y a les choses que l’on aurait pu faire en mieux, des gens croisés trop peu de temps, des rencontres ratées, toute la panoplie des possibles qui s’étale devant nos yeux quand on commmence à mettre des si au début de ses phrases.
Un jour que je me plaignais de mon triste sort, un ami m’a répliqué: “Je ne me fais pas de souci pour toi, même en cas d’apocalypse, tu trouverais le moyen de faire partir des survivants. Ca va passer.” Sur le coup j’ai surtout été vexé que ma peine ne suscite pas d’avantage de compassion de la part de cet ami. Mais sa remarque avait ceci de juste que je ne souffre jamais longtemps, que je n’aime pas m’apesantir sur mon sort et qu’après chaque épreuve j’ai toujours su retomber sur mes pieds, déjà prêt à faire un nouveau pas vers l’avant, le regard bien tourné vers l’avenir et il m’est déjà arrivé de faire une réinitialisation complète de mon environnement (lieux, amis,…) pour assurer ma survie. Je n’emmagasine pas, je ne refoule pas, je ne traîne aucune casserole dans ma tête, aucun fardeau et si un souvenir est trop lourd à porter, j’efface sans remords.
Alors c’est un fait, je ne suis probablement pas à l’endroit qui me convient le mieux, je n’ai clairement pas le travail qui m’irait comme un gant, le passé parfois ressurgit et fait sonner de désagréables grelots, mais cela ne m’empêche pas de vouloir continuer cette vie-ci, d’avoir la rage d’avancer. Alors repartir en arrière, corriger les erreurs, non merci! Je ne serais pas qui je suis aujourd’hui, je n’aurais peut-être pas les amis que j’ai et Chéri à mes côtés. Réécrire l’histoire ne m’intéresse pas, passer ma vie parmi les remords et les regrets m’horripile. Alors je marche sans mémoire, je conduis sans rétroviseur, uniquement motivé par ce que cache l’horizon.
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