[]
Skip to Navigation Skip to Content

Canal Saint-Martin, ParisC’est ici que j’ai commencé ma vie, à Paris sur les bords du canal Saint-Martin où mes parents louaient un studio qui, déjà à l’époque, leur coutait les yeux de la tête. De ce que me disait Jo, en 1978 ce quartier de Paris était loin d’être aussi bobo qu’aujourd’hui. Je n’en ai absolument aucun souvenir sachant que nous n’y sommes restés qu’à peine deux ans. Le loyer, l’éloignement du travail et l’annonce de l’arrivée de Milly dans la famille allait nous contraindre à déménagé en banlieue en 1979. Un regret longtemps ruminé par Jo. Un parmi plein d’autres.




Ile Marante, ColombesNous sommes alors arrivés à Colombes(92). Difficile de trouver une image sympathique de cette grise ville des Hauts-de-Seine. Alors je mets une photo du parc de l’Ile Marante où me parents m’emmenaient souvent. Une fois encore j’ai peu de souvenirs de cette époque si ce n’est justement des toboggans du parc. C’était une période dure pour mes parents qui, en tant qu’éducateurs, avaient des horaires compliqués et de longs trajets pour ce rendre au travail. Et puis je ne leur facilitais pas vraiment la tâche étant l’archétype du môme hurlant et démoniaque. Ils ont notamment essayé de me mettre à l’école maternelle vers mes deux ans. Echec cuisant. Le seul moyen de me calmer c’était de me mettre devant la télé. A dix-huit mois c’était bien parti! Heureusement pour eux, il ne s’agissait que d’une phase “enfant terrible” de ma part. Mais j’étais à ce point agité que mes parents se trouvèrent désarçonnés par le calme olympien de Milly. Je suis sûr - déformation professionnel de leur part - qu’ils ont du penser qu’elle avait un problème psycho. Peu après sa naissance, 1981, nous avons quitté Colombes…

Le Pecq… et nous avons définitivement migré vers cette chère banlieue de l’ouest parisien dont je n’ai pas fini de vous parler. Notre première et longue étape en terres d’Yvelines(78) fut Le Pecq. Nous y sommes restés de 1981 à l’été 1999. Si je suis critique de ce coin de la région parisienne, c’est parce que j’en suis parti et que j’ai réussi à m’en détacher. Globalement, ces années-là furent heureuses et nos vies à Jeannot, Milly et moi, y furent tendrement mais sûrement encadrées par Jo qui tenait le foyer d’une main de fer. Le choix d’aller habiter là était motivé par deux raisons principales: Le Pecq nous rapprochait considérablement du lieu de travail de Jeannot (Jo avait arrêté de travailler) et aussi (surtout?) cette ville dortoire et sans âme nous mettait Milly et moi à portée des établissements scolaires de Saint-Germain-en-Laye.

Saint-Germain-en-LayeLe Pecq est anecdotique dans l’histoire, ce qui compte, c’est St-Ger comme on l’appelle. Ville royale, ville bourgeoise, ville productrice de candidats aux grandes écoles. Je pense qu’il est dur d’imaginer ce qu’est Saint-Germain quand on y a pas vécu. La ville possède une identité forte et surtout, des règles qui lui sont propres. Pour survivre à Saint-Germain-en-Laye il faut ou le statut social ou l’excellence. Toute cette région vit presque en vase clos, déconnecté des réalités du monde à un point difficilement imaginable. Et nous nous retrouvions là, Milly et moi, membres de la classe moyenne inférieure mais salutairement doués à l’école. Les années qui s’écoulèrent là furent heureuses. Jeannot et Jo ont tout fait pour que nous nous fondions dans le paysage alors que pour eux ce fut le début d’une vie autarcique. On ne prononce pas le mot “sacrifice” dans la famille. Ce fut pourtant ce qui fut commis.

Brest1998. Je quitte le 78 pour passer trois années en école d’ingénieur à Brest au fin fond du Finistère nord. Bien qu’habitué à la Bretagne, le choc est grand pour moi au départ. Le climat est insupportable (en fait, quand on dit qu’il pleut tout le temps en Bretagne, sachez que c’est faux. C’est uniquement à Brest qu’il pleut tout le temps, je l’ai empiriquement vérifié) et je me retrouve entouré d’élèves-ingénieurs bourrins et culturellement affligeants. Il faut dire qu’avant mon départ, je passais le plus clair de mon temps à sortir sur Paris où je faisais mes premiers pas dans le monde de la nuit depuis environ 1995. Saint-Germain avait fait de moi un être pédant, Paris-la-nuit avait rajouté une couche de superficialité pétasse insupportable. A Brest, j’ai reposé les pieds sur Terre. J’y ai passé trois très bonnes années au cours desquelles des amitiés profondes se sont nouées, j’y fait mes premières armes en tant que comédien et me suis nourris du vent des tempêtes. Trois années pour quitter l’adolescence, entrecoupées de stages à l’étranger.

HambourgEté 2000, Hambourg, Allemagne. J’y passe plusieurs mois pour effectuer mon stage de deuxième année. Et je tombe à ce point amoureux de cette ville que quand je quitte l’école en 2001, je cherche un moment à aller y vivre. J’ai quelques difficultés à expliquer que mon attachement à Hambourg n’est lié en rien au fait que j’y ai vécu ma première relation sérieuse avec un autochtone qui s’appelait Stefan. Je n’associe rien aux personnes que j’aime ou que j’ai aimées. Les odeurs, les endroits, les atmosphères sont des choses que je distingue toujours des personnes. Mon histoire avec Stefan dura presque deux ans (relation à distance donc), nous avons complètement rompu les ponts et je garde pourtant Hambourg dans mon coeur sans pour autant éprouver de nostalgie. Je sais juste que dans cette ville je me sentais bien. Je m’y sentais moi. A ce jour, Hambourg demeure dans mon top 5 des villes où je voudrais vivre.

La HayePrintemps 2001, La Haye, Pays-Bas. Autant avant de partir pour Hambourg, j’avais fait un peu la gueule. Aller en Allemagne ne m’inspirait pas plus que ça. A l’arrivée, l’expérience fut formidable. Au contraire, quand il fut décidé que j’effectuerais mon stage de fin d’étude aux Pays-Bas, je sautais de joie… Pour me retrouver en enfer! De ces expériences, je garde profondément ancré en moi qu’il ne faut jamais écouter ses a prioris avant de se rendre quelque part. La Haye, ce fut l’horreur et plus globalement, les Pays-Bas car cela n’aurait rien changé si j’avais été à Amsterdam. Culturellement je n’ai pas du tout réussi à m’y faire, culinairement j’ai cru mourir - j’ai d’ailleurs perdu dix kilos là-bas, et je découvrais surtout un pays qui n’est en fait libéral que dans les textes. Je déteste faire des généralités alors je dirais que je n’ai pas eu la chance de tomber sur les bonnes personnes. Mais je continue de penser qu’elles doivent être très bien cachées au pays du gouda.

ParisAutomne 2001. Me voici de retour à Paris. J’ai 23 ans, mon diplôme en poche et une vie nouvelle qui s’ouvre à moi. Paris ne fut pas un choix délibéré. Mes années brestoises m’avaient lavé de mon parisianisme et j’étais ouvert pour aller poser mes valises n’importe où. Mais une proposition d’embauche plus tard et j’étais de retour dans la ville qui m’avait vu naître. Il ne lui fallut pas longtemps pour couler à nouveau dans mes veines et si je sais très bien que je pourrais vivre ailleurs, chaque jour qui passe me retient davantage à Paris. Cela fait sept ans qu’elle est mon présent. Je ne m’avancerais pas beaucoup en disant qu’elle sera aussi mon futur…

Oh, il y a aussi une autre ville mais celle-là, je la garde pour moi ;-)

No CommentsMake A Comment

No comments yet.

Leave a comment

Posted under: Life, Oh Life!