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AndromedeIl y a des moments où je laisserais bien tout tomber. Plus envie mais alors plus envie du tout de faire le moindre effort, ça ne sert à rien de s’agiter, ça ne sert à rien, ça ne change rien. Ma tête alors penche au dessus des vides et lourde si lourde rêve de chute interminable sans panache, sans parabole, une ligne droite vers le sol et BAM! prendre la fuite comme ça, pour une fois prendre une décision à moi, emmerder tout le monde et BAM! crâne éclaté sur le bitume, rideau! un écran de télé qui s’éteint.

Ces pensées noires disparaissent toujours aussi vite qu’elles me viennent à l’esprit et sont dans le fond réconfortantes car confirment que j’ai toujours la possibilité d’en finir quand je veux. Que de ça je suis encore maître. Qu’il n’y a que ça dont je sois vraiment maître. C’est violent, très violent mais avant tout thérapeutique. Je m’appartiens toujours et ça, ça me requinque le moral à tous les coups. Et je repars!

Pas plein d’espoir, non, l’espoir c’est un peu pour les naïfs enfin c’est ce que je dis aujourd’hui, l’espoir c’est de l’immobilité, un voile brumeux qui tord la vision. Je crois beaucoup plus à la colère, à la rage, à la volonté, aux buts que l’on se fixe et aux moyens que l’on met en oeuvre pour les atteindre. L’espérance est passive et peut dans ce cas virer au pathétique. Alors je dis rarement “j’espère”, je dis plutôt “je veux”. Une seconde corps au dessus du vide pour vérifier juste vérifier que si je voulais ça, je pourrais. Sauter des quais du métro, de ma fenêtre du sixième étage, d’une falaise en Bretagne. Sentir qu’au fond j’ai au moins cette liberté là encore de décider pour moi. Et l’instant d’après je tourne le dos au vide, je repars coeur plus léger, corps moins entravé par ces autres chaînes qui s’agrippent à moi.

Je n’ai pas un tempérament suicidaire mais en ce moment, je tourne beaucoup dans ma tête que je ne m’appartiens pas. Que j’appartiens aux autres à qui je dis trop facilement oui, à mon boulot, à ma famille. J’appartiens à mon agenda et je le déplore mais je m’inquiète encore plus de voir que s’il se trouve une période où je n’ai rien de prévu, je n’en fais absolument rien du tout, végétant dans mon appartement. Je suis d’accord c’est assez consternant. Je me plains d’une chose dont je ne peux pas me passer. Parfois j’aimerais envoyer chier tout le monde fuck you ciao bye bye leave me alone et tout annuler désolé le numéro que vous avez composé n’est plus en service actuellement… Donnez-moi deux heures et vous me trouvez en train de donner des coups de fil pour voir qui serait intéressé pour aller prendre un verre. C’est désespérant. Alors parfois, de me dire que je pourrais vraiment dire stop rasoir aux poignets, ça me rassure et ça me donne la force de tirer sur les autres chaînes pour m’en débarasser ou en inverser le sens.

A commencer par la première : je vais travailler à me rendre un peu plus disponible à moi-même.

5 CommentsMake A Comment
  • MyAvatars 0.2

    toli Said:  

    Et ça recommence. Je retrouve presque mot pour mot ce que j’ai dit hier soir à trois amis différents. Spooky, uh ? L’un me suggérait de “quitter cette terre”. Je l’ai pris aux mots. Quitter mon sixième étage, direction jazz ? Tout changer, tout bouleverser, tout quitter : travail et famille surtout. Tout supprimer, définitivement. L’envie est belle et bien là, mais “ça s’en va et ça revient.” Comme la plupart des héros de Dickens, en fait, “I want more” !

    J’aime vous lire, cher Colin, pour cet effet miroir assez troublant… et pour tout un petit tas d’autres raisons.

  • MyAvatars 0.2

    Querelle Said:  

    Ducasse comme Isidore Ducasse ??? :)

  • MyAvatars 0.2

    Colin Ducasse Said:  

    @Querelle> Et oui :-)

  • MyAvatars 0.2

    Shaggoo Said:  

    “Homme, n’as-tu jamais goûté de ton sang, quand
    par hasard tu t’es coupé le doigt ? Comme il est bon,
    n’est-ce pas ? car, il n’a aucun goût….”
    J’ai récité ce texte une ou deux fois : on m’a trouvé très… convaincant ! :)

  • MyAvatars 0.2

    Colin Ducasse Said:  

    Moi c’était “Moi, si cela avait pu dépendre de ma
    volonté, j’aurais voulu être plutôt le fils de la femelle du
    requin, dont la faim est amie des tempêtes, et du tigre, à la
    cruauté reconnue: je ne serais pas si méchant.”

    ;-)

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Posted under: Remue-Méninges