“La France aime ses rois, mais il lui arrive de les guillotiner”
— Nicolas Sarkozy [Source: Marianne]


Il y a du désamour dans l’air entre Sarkozy et les français et surtout entre notre hyper-président et la presse, celle-là même qui l’encensait hier et qui aujourd’hui sonne la curée au point que son mariage avec Carla Bruni s’est fait beaucoup plus discret que son divorce d’avec Cécilia, remplacé en une des journeaux par l’impuissance apparente de Sarkozy à résoudre les problèmes des français comme il aime à le dire. Celui qui fut comparé à Napoléon III hier, se rapproche tous les jours un peu plus d’un Louis XVI bien en peine de justifier les frasques de son Elysée-Versailles. Pour un peu, Carla Bruni risquerait même de se faire appeler l’Italienne à défaut de ne pas être née à Vienne.
Dans toute cette histoire, ce qui me passionne et m’étonne véritablement, c’est le retournement qu’a subi l’opinion publique et les médias. Une vraie crêpe retournée dans la poêle! Avec à peu près la même épaisseur. La presse fait montre d’une absence totale d’objectivité, tapant à bâtons rompus sur celui qu’elle encensait hier. Et la consistance là-dedans? Elle est où la cohérence? Parce qu’on est un magazine de droite comme Le Point, il était interdit hier de s’interroger sur l’omniprésence de Sarko ou sur ses effets d’annonce grandiloquents et peu concrets? Et aujourd’hui qu’il plonge dans les limbes sondagières, le matraquage est autorisé? Franchement, je ne trouve pas ça très sérieux.
Et que dire de l’opinion? Des gens qui ont voté pour lui et qui aujourd’hui tirent à boulets rouges. Dites-moi que vous savez pour qui vous votez quand même! Dites-moi que vous n’avez quand même pas cru que Sarkozy pourrait en moins d’un an redresser le moral et le pouvoir d’achat des Français! Depuis quand les hommes politiques tiennent-ils leurs promesses électorales? Et quand bien même Sarkozy ferait fi de la réalité du monde pour mettre en place toutes ses réformes d’un coup, pensez-vous vraiment que quelques mois suffiraient pour en sentir les effets? Il a beaucoup été dit lors des élections présidentielles que les français étaient amenés à faire un choix entre deux visions de la France. Et c’est la vision bling-bling qui l’a remporté. Un président, ce n’est pas un ustensile électro-ménager que l’on ramène au SAV de Darty en cas de déficience. Pas de remplacement prévu avant 2012, on était prévenu alors que chacun assume.
Une chose est sûre, je ne pense pas que la France pourra tenir ainsi pendant encore quatre ans. La machine grince trop et à tous les étages et c’est d’autant plus dangereux que l’opposition ne s’est pas encore vraiment reconstitué et ne peut décemment pas constituer à l’heure actuelle une réelle alternative. Peut-être que les municipales changeront cette donne. En attendant, je suis très curieux de voir ce qui va se passer.
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