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Archive for February, 2008

Ces derniers temps, je n’étais pas très motivé pour poster par ici - ou ailleurs. Pourtant j’ai pas mal écrit, j’ai fait quelques brouillons de choses que j’aimerais dire un jour. Mais pas envie finalement. Alors vous ne saurez pas aujourd’hui les liens qui m’unissent à Arthur Rimbaud. Ce n’est pas non plus tout de suite que que vous pourrez lire les motivations profondes qui m’ont fait ouvrir ce blog. Je ne suis d’ailleurs pas sûr de les livrer un jour ces motivations. Enfin on verra. Repoussé à plus tard aussi l’article sur le désarroi que m’inspirent mes collègues, le choc que j’ai éprouvé en découvrant le théâtre de Sarah Kane, mon étrange et écrasante prédilection pour les proses féminines, la dure réalité de la vie sans Jo et l’article sur l’ennui et la non-envie de poster.

Mais tout est là, bits and pieces, ébauches plus ou moins bien avancées, de la matière pour l’avenir. Mais pas pour aujourd’hui.

En ce milieu de semaine, je suis dans un endroit honni. Les déplacements professionnels c’est sympathique quand ils sont synonymes de nouveauté mais quand ils ont la saveur d’un refrain tant de fois répété qu’il écorche les lèvres, à l’image de celui-ci, je me mets en stand by. C’est parfois dur d’expliquer aux autres que c’est du temps rempli de rien, de travail certes mais de rien avant tout, que pour eux la vie continue faite de sorties, de rencontres ou de soirées tranquilles à la maison. En déplacement dans un endroit que je connais par coeur, mes soirées sont des trous noirs qui s’ouvrent au plafond d’une chambre d’hôtel impersonnelle. Le temps mesure la distance qui me sépare de tout ce qui m’est cher, de tout ce qui remplit ma vie et sa lenteur aggrave le poids des absences. Avec l’expérience, j’ai appris à doser mes impatiences, à ne plus me lamenter des heures durant d’être aussi loin dans un lieu pourri entouré de gens pourris. Un peu de résignation teintée de fatalisme.

Pour quelqu’un qui ne voulaient pas écrire, j’ai quand même trouvé quelque chose à dire ce soir :-)
Peut-être bien parce que je reviens sur Paris demain…

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Posted under: Life, Oh Life!

AndromedeIl y a des moments où je laisserais bien tout tomber. Plus envie mais alors plus envie du tout de faire le moindre effort, ça ne sert à rien de s’agiter, ça ne sert à rien, ça ne change rien. Ma tête alors penche au dessus des vides et lourde si lourde rêve de chute interminable sans panache, sans parabole, une ligne droite vers le sol et BAM! prendre la fuite comme ça, pour une fois prendre une décision à moi, emmerder tout le monde et BAM! crâne éclaté sur le bitume, rideau! un écran de télé qui s’éteint.

Ces pensées noires disparaissent toujours aussi vite qu’elles me viennent à l’esprit et sont dans le fond réconfortantes car confirment que j’ai toujours la possibilité d’en finir quand je veux. Que de ça je suis encore maître. Qu’il n’y a que ça dont je sois vraiment maître. C’est violent, très violent mais avant tout thérapeutique. Je m’appartiens toujours et ça, ça me requinque le moral à tous les coups. Et je repars!

Pas plein d’espoir, non, l’espoir c’est un peu pour les naïfs enfin c’est ce que je dis aujourd’hui, l’espoir c’est de l’immobilité, un voile brumeux qui tord la vision. Je crois beaucoup plus à la colère, à la rage, à la volonté, aux buts que l’on se fixe et aux moyens que l’on met en oeuvre pour les atteindre. L’espérance est passive et peut dans ce cas virer au pathétique. Alors je dis rarement “j’espère”, je dis plutôt “je veux”. Une seconde corps au dessus du vide pour vérifier juste vérifier que si je voulais ça, je pourrais. Sauter des quais du métro, de ma fenêtre du sixième étage, d’une falaise en Bretagne. Sentir qu’au fond j’ai au moins cette liberté là encore de décider pour moi. Et l’instant d’après je tourne le dos au vide, je repars coeur plus léger, corps moins entravé par ces autres chaînes qui s’agrippent à moi.

Je n’ai pas un tempérament suicidaire mais en ce moment, je tourne beaucoup dans ma tête que je ne m’appartiens pas. Que j’appartiens aux autres à qui je dis trop facilement oui, à mon boulot, à ma famille. J’appartiens à mon agenda et je le déplore mais je m’inquiète encore plus de voir que s’il se trouve une période où je n’ai rien de prévu, je n’en fais absolument rien du tout, végétant dans mon appartement. Je suis d’accord c’est assez consternant. Je me plains d’une chose dont je ne peux pas me passer. Parfois j’aimerais envoyer chier tout le monde fuck you ciao bye bye leave me alone et tout annuler désolé le numéro que vous avez composé n’est plus en service actuellement… Donnez-moi deux heures et vous me trouvez en train de donner des coups de fil pour voir qui serait intéressé pour aller prendre un verre. C’est désespérant. Alors parfois, de me dire que je pourrais vraiment dire stop rasoir aux poignets, ça me rassure et ça me donne la force de tirer sur les autres chaînes pour m’en débarasser ou en inverser le sens.

A commencer par la première : je vais travailler à me rendre un peu plus disponible à moi-même.

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Civilization IV

Notez, je vous prie, que j’aurais résisté longtemps avant de finalement céder sur un malheureux coup de tête hier soir dimanche, aux alentours de minuit. Je ne suis pas vraiment un accroc des jeux vidéos mais j’ai mes chouchous pour qui je craque régulièrement.

Il y a ainsi Sim City qui me pomper pas mal d’heures mais l’avantage de ce jeu c’est qu’au bout de deux heures, en général, j’ai besoin de prendre l’air tellement il m’étouffe.

Et puis il y a aussi la sacro-sainte série des Final Fantasy qui me feront acheter une Playstation 3 rien que pour jouer au treizième opus ainsi que les Kingdom Heart dans une moindre mesure. Dans ce cas, c’est surtout l’énergie qui me freine, au bout d’un moment je suis vidé et je suis obligé d’arrêter sous peine de rester à jamais prisonnier des mondes de FF.

Enfin et surtout, il y a Civilization. Alors avec lui, c’est no limit les enfants. J’aime tellement me prendre pour César que je n’arrive PAS à lacher une partie en cours. C’est pour ça d’ailleurs que je ne me suis jamais procuré Civilization IV, par peur d’être phagocyté par ce jeu. Mais il y a eu hier soir, à minuit, l’ouverture d’une faille spatio-temporelle où je pouvais télécharger CivIV pour pas cher (non je ne télécharge illégalement, je suis contre). Ni une ni deux, emballé c’est peser, c’est parti mon kiki.

Début de partie à minuit douze + erreur de jouer au lit = réveil très difficile avec clavier imprimé sur la face. Il a été estimé que j’ai du m’endormir totalement malgré moi aux alentours de 4h30 mais rien n’est moins sûr. Ce qui est certain c’est que je suis loin d’avoir assez dormi pour un lundi… J’appréhende beaucoup les prochaines soirées…

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Posted under: Life, Oh Life!

Hier soir je festoyais avec mon amie Grigri Lénergie au dessus de deux pizzas géantes et surcaloriques et tandis que nous devisions sur le sens de l’existence, elle en est venue à parler de son patron qui a la fâcheuse manie de tout le temps lui raconter sa vie dans ses moindres détails. Indécence? Autosatisfaction? Dépression? Nous nous interrogions sur les motivations qui pouvaient bien pousser cet homme à ainsi s’épancher auprès de Grigri. Rapidement nous avons écarté les problèmes d’ego boursoufflé ou de neurasthénie profonde pour conclure que cet individu n’avait personne à qui parler en dehors de son petit cercle familiale et qu’il avait très vraisemblablement une vie sociale nulle comme un grand nombre de ces individus que notre société nomme les “cadres” et dont malheureusement, Grigri et moi faisons partie.

Et d’enchaîner sur ces êtres qui ont enchaînés hautes études, mariage, enfants, postes à responsabilité vampirants, apparemment sans se poser véritablement de question sur la personne qu’ils souhaitaient être vraiment au fond. Des hommes et des femmes censément intelligents qui ont foncé tête baissée dans des voies toutes tracées la plupart du temps par d’autres, œillères bien vissées aux tempes, sans remise en question à part quelque fois à quarante ans mais n’est-ce pas trop tard déjà, prisonniers d’une cage qu’ils se sont bâtis eux-mêmes, non sans l’aide d’un système bien établi de règles et de valeurs. Cette discussion fit quelque écho à mes petites réflexions sur le désir d’enfant, qui chez ces gens est souvent le résultat d’une pression sociale importante, et sur le problème de se retrouver sur un chemin qui n’est pas le sien et d’en avoir conscience.

Ce qui me tue justement c’est que ce type de comportement aveugle et sourd est fortement représenté chez les gens les mieux formés scolairement de notre belle République. Sauf qu’il me semble que l’on ensigne fort peu à développer son sens critique dans les grandes écoles. Combien, je me souviens, de garçons et de filles arrivent en classes préparatoires uniquement parce qu’ils sont bien notés? Qui veulent faire ingénieur par exemple sans avoir la moindre notion de ce que cache ce mot, sans désir particulier pour une école donnée (à part les prestigieuses s’entend) et dont l’unique but est d’en intégrer une quelle qu’elle soit? Des moutons en troupeaux récompensés par du confort social au détriment le plus souvent d’un réel épanouissement personnel. Il n’y a qu’à quand ils quittent le boulot.

Grigri m’a dit avoir pitié de ces gens-là. J’ai pu éprouvé cela un temps aussi, mais ça ne sert à rien d’essayer de leur ouvrir les yeux, ça ne fait que les affoler, les aigrir et même parfois ça les rend agressifs. Et puis je ne peux tout simplement plus éprouver la moindre compassion pour ces individus qui, au-delà du fait qu’ils se tissent une vie de regrets, entretiennent avant tout un système qui cherche à broyer les personnalités.

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Ponts sur le colorado

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“Le travail c’est la santé / rien faire c’est la conserver.”
— Henri Salvador

Donc Henri Salvador est mort, à l’âge de 90 ans. Bon j’ai un petit peu cherché à dire un truc là-dessus mais franchement, comme pour Carlos, je n’ai rien à dire. En plus lui il avait l’âge de trépasser, il a eu une belle vie bien remplie. Je n’étais pas du tout fan de ce qu’il faisait mais quand même, paix à son âme.

En revanche, cette disparition m’a remis en tête les paroles citées ci-dessus car au fond, je dois l’avouer, j’ai la vocation pour devenir rentier. Et encore, l’argent ne m’intéresse pas plus que ça. C’est surtout le temps dont j’aimerais profiter, le temps pour faire plein de choses qui ne coutent rien, le temps pour m’investir dans des projets personnels même conçus avec trois bouts de ficelle. Malheureusement, peux pas.

C’est pas faute de faire quelques appels du pied, notez le. Je glisse régulièrement à Chéri que je n’aurais aucun souci à devenir son homme au foyer. Là-dessus, la plupart du temps, il fait mine de ne rien entendre, apparemment complètement absorbé par son blog à lui ou par la revue de ses flux RSS. Quand il n’a pas d’autre choix que de m’écouter, il rétorque en général “c’est ça…” sur un ton “parle à ma main!”… C’est désespérant…

Je crois qu’il remet sérieusement en question ma capacité à tenir un home sweet home en ordre. Bon il est vrai que je suis loin d’avoir remporté le Bree Van de Kamp Award et que je me situe plutôt dans la catégorie Susan Mayers tendance ultra-bordélique. Il va falloir que je pallie mes lacunes dans le domaine et puis faire un peu de sport pour ressembler à Monsieur Propre, ça mettra un autre atout de mon côté. Après cela il ne pourra plus refuser d’assumer son rôle de soutien de foyer et je pourrai organiser mes journées matin-ménage et après-midi-réalisation de moi-même. Hum… Il va falloir que je dresse la liste des choses que je dois perfectionner…

Et en premier lieu, je vais attentivement observer comment il plie et range les affaires qui sortent de la machine à laver. Il semble que cette activité relève de vieilles pratiques ancestrales qui me sont inconnues mais je compte bien en percer un jour le secret…

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Posted under: Life, Oh Life!

Parfois j’aimerais dire la vie ne m’a pas épargné mais je me retiens car je sais bien que mes malheurs ne constituent qu’un chapelet de drames ordinaires. Il serait présomptieux et indécent de prétendre le contraire. Je reçois ma dose de souffrance réglementaire, celle qui fera de moi un homme mon fils, c’est le lot commun, étapes obligatoires, péages au tribut plus que lourd mais que voulez-vous pour avancer faut raquer…

Parfois je me dis que j’aurais préféré une existence de paria, une enfance de gosse battu, papa qui tue maman à coups de bate de baseball, du tapinage place Dauphine, de la délinquance, de la drogue, des maladies, du sang, avoir la mort, le malheur et la merde pour compagnons de voyage. Ma colère aurait eu alors une base solide d’où se seraient échappé les ramifications de mes revendications les plus vénéneuses. Mes emportements sonneraient moins bourgeois, mes envies de tout foutre en l’air s’en trouveraient diablement justifiées.

Tenir ce genre de propos à vingt ans c’est normal. A trente ans ça devient de l’entêtement qui frôle l’obsession. Surtout quand il est hors de question de vous ranger dans la catégorie des victimes de l’existence. Pourtant plus j’avance et plus mes couteaux s’aiguisent et avec la mort de Jo, je retrouve mon intransigeance passée, ma haine de la compromission et de l’incohérence. Elles reviennent d’autant plus fortes que j’ai beaucoup dormi ces dix dernières années et je me réveille aujourd’hui entravé par des chaînes qui m’irritent au col et aux poignets.

Certes j’ai eu une existence sans heurt majeur, alternance de joies et de tristesses, d’hardiesses et de peurs, le lot commun, un casse-tête pour biographe tant le fil de ma vie se déroule en douceur. Il s’effiloche par moment, puis reprend de la force, fait quelques tout petit noeud mais il suffit de le soumettre à la lucidité pour savoir qu’au fond c’est plus ennuyeux qu’un jour de bruine à Brest. Il n’est pas question de s’abandonner aux lamentations ou à la résignation. Et si j’ai toujours été un bon petit soldat, c’est à l’intérieur qu’il faut regarder. Je suis un gant de velours à la doublure en lames de rasoir.

A 15 ans mon héros s’appelait Rimbaud. Je l’ai rêvé de ses fugues adolescentes à l’exil africain, de la pesanteur de Charleville à l’hôpital de Marseille. J’aimais ses transgressions qu’elles soient morales ou littéraires, j’aimais le suivre hors des chemins battus, j’aimais le savoir méchant et pourtant compatissant. J’ai tout lu, oeuvre et biographie, dans le confort de l’appartement du Pecq, élève modèle, un an d’avance, un ange pour tout le corps professoral. Mais mon regard s’affutait déjà et déjà je savais que le monde ne tournait pas rond. J’ai néanmoins continué à suivre des voies toutes tracées, marquant des pauses à certains carrefours, les yeux posés sur ces chemins de traverses que je n’ai jamais empruntés, continuant de faire ce que l’on attendait de moi, moins par esprit d’obéissance que par peur de me faire remarquer ou d’échouer. Mais mon respectable cursus n’a jamais exactement reflété mes cheminements intérieurs. Une suite de fourvoiements volontaires qui m’ont peu à peu fait perdre lucidité et sens critique pour me noyer dans la fadeur la plus totale.

Mais chassez le naturel il revient au galop. Moi lancé sur une autoroute sans bretelle de sortie, je perçois à nouveau, cachés derrière les arbres des bas-côtés, les chemins parallèles. Et je commence à freiner. Je sens les chaînes qui bloquent ma parole et mes gestes et je commence à tirer dessus avec précaution pour ne pas m’étrangler. Ma propre inconséquence m’exaspère au plus haut point. C’est d’elle dont je vais m’occuper en priorité.

Quand cela sera chose faite, quand je n’aurai plus à me reprocher ce que je reproche à tous, quand je me serai libéré de l’emprise des chaînes, je pourrai retourner le gant dedans dehors et laisser éclater au soleil la doublure de rasoirs. Je ne suis pas une victime de l’existence mais il est absolument hors de question que je fasse partie des moutons-bourreaux qui m’entourent. J’ai retrouvé ma vue, je veux retrouver ma voix et ma main. Ma colère n’a pas de fondement dans les quelques cicatrices que la vie m’a laissée, aussi profondes soient-elles. Ma colère est née d’être là où je ne peux décemment pas être. Comme un soldat qui découvrirait avec horreur et révolte qu’il fait partie d’un corps de criminels contre l’humanité. La dénonciation entraîne la mise à mort et la soumission, la perte d’intégrité.

Officialisation de mon statut d’agent-double.

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Six Feet Under au Jardin des Tuileries

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Robot at WorkUne tragédie familiale et dix jours de coma social plus tard, me voici de retour au boulot. Autant vous dire qu’à mon arrivée au bureau, j’ai aussitôt failli faire demi-tour pour partir en courant. Mon aversion pour la World Company devient dangereusement pathogène. Enfin, je dis “dangereusement” quand au plus profond de moi-même je m’en réjouis. Récit d’une journée un peu noire.

1) Ce matin, je comptais un petit peu sur Chéri pour me donner l’énergie de me lever. Il avait prévu de partir au boulot vers 8h-8h30 et je pensais pouvoir m’appuyer sur lui pour sortir hors du lit. Là-dessus, pas de souci, j’ai reçu des petits coups réguliers, Chéri m’indiquait l’heure tous les quarts d’heure mais lui-même avait finalement décidé de rester sous la couette. C’est une envie de meurtre qui m’a donné l’énergie me mettre debout ce matin :-)

2) Vient le temps d’affronter le monde extérieur et de reprendre le chemin du taf. Et c’est là, sur le quai du métro (trop tard pour faire demi-tour) que je m’aperçois que je n’ai pas avec moi mon kit du survivant : mon iPod et mon livre. Ces deux-là m’ont beaucoup servi ces derniers jours surtout dans les moments de solitude où il est facile de ruminer des pensées ténébreuses. Durant les derniers jours, difficile de me croiser sans mon shuffle dans les oreilles et sans un bouquin de préférable très très sombre pour me convaincre qu’il y a toujours pire que ma propre situation. Les Mouflettes d’Atropos et Le Cri du Sablier de Chloé Delaume ont ainsi eu droit à une seconde lecture en moins de six mois. Ca m’a fait un bien fou. Mais ce matin, nada, rien à me foutre dans les tympans ou sous les yeux. Je fais définitivement la gueule.

3) J’aurais du le mettre en 1) mais j’ai oublié : nous sommes lundi. J’ai déjà parlé ici de ma haine des dimanche. Elle n’a rien comparé à la rage que j’éprouve contre les lundi. C’est apocalyptique en temps normal alors en période de deuil, je connais pas de mots pour qualifier l’armageddon dont je rêve aujourd’hui.

4) Arrivé au boulot, je me fais la remarque que finalement, contrairement à ce qu’ils disent souvent, ils peuvent très bien se débrouiller tous seuls. L’avantage c’est que personne ne me fait chier. Le problème c’est que je n’ai rien à faire. Et là je ne joue pas le mec qui ne souhaite que d’être enseveli sous le travail pour oublier, pas du tout! En fait je me dis que j’aurais pu encore repousser mon retour et que putain j’ai pas envie d’être assis dans mon bureau à regarder couler la Seine. Sans compter que mon agrégateur frôle l’encéphalograme plat aujourd’hui, que gmail est asthmatique et que mes collègues sont toujours aussi peu funky.

Enfin voilà, il me reste encore deux ou trois heures à végéter pour les bienfaits de la World Company. Ca me rappelle les couleurs qu’un jour j’ai donné aux jours de la semaine. Je devais être en primaire alors et déjà j’avais décrété que les lundi seraient marrons-caca.

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“La France aime ses rois, mais il lui arrive de les guillotiner”
— Nicolas Sarkozy [Source: Marianne]

Sarkozy PrésidentSarkozy - Ce qui cloche

Il y a du désamour dans l’air entre Sarkozy et les français et surtout entre notre hyper-président et la presse, celle-là même qui l’encensait hier et qui aujourd’hui sonne la curée au point que son mariage avec Carla Bruni s’est fait beaucoup plus discret que son divorce d’avec Cécilia, remplacé en une des journeaux par l’impuissance apparente de Sarkozy à résoudre les problèmes des français comme il aime à le dire. Celui qui fut comparé à Napoléon III hier, se rapproche tous les jours un peu plus d’un Louis XVI bien en peine de justifier les frasques de son Elysée-Versailles. Pour un peu, Carla Bruni risquerait même de se faire appeler l’Italienne à défaut de ne pas être née à Vienne.

Dans toute cette histoire, ce qui me passionne et m’étonne véritablement, c’est le retournement qu’a subi l’opinion publique et les médias. Une vraie crêpe retournée dans la poêle! Avec à peu près la même épaisseur. La presse fait montre d’une absence totale d’objectivité, tapant à bâtons rompus sur celui qu’elle encensait hier. Et la consistance là-dedans? Elle est où la cohérence? Parce qu’on est un magazine de droite comme Le Point, il était interdit hier de s’interroger sur l’omniprésence de Sarko ou sur ses effets d’annonce grandiloquents et peu concrets? Et aujourd’hui qu’il plonge dans les limbes sondagières, le matraquage est autorisé? Franchement, je ne trouve pas ça très sérieux.

Et que dire de l’opinion? Des gens qui ont voté pour lui et qui aujourd’hui tirent à boulets rouges. Dites-moi que vous savez pour qui vous votez quand même! Dites-moi que vous n’avez quand même pas cru que Sarkozy pourrait en moins d’un an redresser le moral et le pouvoir d’achat des Français! Depuis quand les hommes politiques tiennent-ils leurs promesses électorales? Et quand bien même Sarkozy ferait fi de la réalité du monde pour mettre en place toutes ses réformes d’un coup, pensez-vous vraiment que quelques mois suffiraient pour en sentir les effets? Il a beaucoup été dit lors des élections présidentielles que les français étaient amenés à faire un choix entre deux visions de la France. Et c’est la vision bling-bling qui l’a remporté. Un président, ce n’est pas un ustensile électro-ménager que l’on ramène au SAV de Darty en cas de déficience. Pas de remplacement prévu avant 2012, on était prévenu alors que chacun assume.

Une chose est sûre, je ne pense pas que la France pourra tenir ainsi pendant encore quatre ans. La machine grince trop et à tous les étages et c’est d’autant plus dangereux que l’opposition ne s’est pas encore vraiment reconstitué et ne peut décemment pas constituer à l’heure actuelle une réelle alternative. Peut-être que les municipales changeront cette donne. En attendant, je suis très curieux de voir ce qui va se passer.

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Posted under: Polie Tique