[]
Skip to Navigation Skip to Content

Jo a dans la poitrine un nénuphar gros comme celui de Chloé et je la vois souffrir comme en son temps Chloé que je n’ai pas réussi à sauver. Les docteurs ont mis longtemps avant de voir la fleur purulente et ses tentacules meurtrières et quand enfin ils se sont rendus compte de sa présence, ils l’ont arraché d’un coup de bêche dans le poumon. Jo a hurlé de douleur mais elle retrouvait l’espoir. Par précaution simple précaution ils ont bourré Jo de pesticides pour être sûr d’achever le nénuphar. Et on y a tous cru.

Un peu de temps a passé, Jo se remettait très doucement de sa nénupharectomie et du traitement aux pesticides. Et puis Jo a commencé à éprouver des dificultés à marcher. Bientôt ses jambes ne l’ont plus portée. Le nénuphar n’était pas mort, il avait planté des racines profondes dans sa colonne vertébrale. Cela fait des mois que Jo repose dans une chambre d’hôpital aux murs qui menacent de se refermer sur elle. Ils lui donnent une pillule qui rit à gorge déployée mais il arrive encore souvent à Jo de pleurer, incapable qu’elle est de bouger dans son lit mécanique. Régulièrement ils arrivent avec de nouveaux pesticides. Jo demande quel temps il fait dehors et pleure.

Je vais lui rendre visite au moins une fois par semaine. J’aimerais y aller plus souvent mais ce n’est pas tout à côté et les horaires de visite ne sont pas très pratiques. Alors souvent je m’y rends le dimanche, jour maudit parmi les jours, je m’asseois près d’elle et je lui donne ma main. Quand je la quitte j’ai souvent l’âme gorgée de tristesse et il me faut bien le trajet du retour pour ne plus parler avec une voix étranglée.

Il est 16h ce dimanche, je pars voir Jo qui a un nénuphar dans le dos.

No CommentsMake A Comment

No comments yet.

Leave a comment

Posted under: Life, Oh Life!