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On ne se refait pas

“Ah toujours le même!”
— Chéri

Voilà ce que Chéri m’a envoyé par SMS ce matin pour me confirmer la présence de mon passeport et de mon permis de conduire dans un manteau que j’ai laissé chez lui. C’est que, voyez-vous, je suis d’un naturel quelque peu tête-en-l’air. En fait c’est surtout que j’ai du mal à réfléchir à ce que je fais au moment où je le fais. C’est ainsi qu’il peut m’arriver (exemple notoire) de jeter mon passeport à la poubelle pendant que je fais le ménage. Heureusement que j’ai souvent le cul bordé de nouilles, ça me permet de le retrouver deux jours plus tard dans les poubelles de mon immeuble.

C’est que je pense beaucoup, vous savez, beaucoup trop parfois et à mille choses en même temps – sauf à ce que je suis en train de faire. Je pense aux posts que je vais écrire, à la troupe de théâtre et au devenir de Green Paradise, à Chéri que j’ai tant de chance d’avoir, à certaine chambre d’hôpital à St-Ger, au sens de la vie, de la mort, où j’en suis, qui suis-je, où vais-je ? Tout ça en même temps. Il peut m’arriver aussi de ne penser à rien du tout. C’est ce que j’appelle le Mind Black-out – c’est mieux que le mot “absence” qui fait un peu sénile. Dans les deux cas, ne cherchez pas, je deviens autiste. Le monde extérieur n’existe plus, je peux croiser une personne que je connais, ne pas la remarquer et même ne pas l’entendre si elle m’appelle. C’est aussi dans ces moments-là qu’il peut m’arriver de manipuler des objets, parfois d’importance comme un passeport, des clefs, une carte bleue (j’ai déjà abandonné un distributeur en oubliant ma carte bleue ou pire en oubliant les sous), une carte d’identité, des papiers administratifs, etc, etc… Avec le temps, je suis devenu un grand expert en reconstitution des événements ce qui reconnaissez le est assez fort lorsque l’on n’a ni témoin, ni souvenir.

J’ai bien essayé de me corriger, de mettre en place des automatismes. Mais il faut bien admettre qu’au bout de 30 ans d’essai, c’est un échec cuisant. Aujourd’hui je suis résigné, et bon nombre de personnes de mon entourge aussi. Pour sûr l’avenir me réserve encore de bonnes Ha-necdotes à ce sujet. Je me ferai un plaisir de vous les rapporter (j’ai aussi fait une croix sur toute forme de dignité). Juste pour vous prévenir : si un jour vous me voyez tourner en rond frénétiquement en parlant tout seul, ce n’est pas un TOC. Je serais juste en train de me demander où j’ai pu mettre ce #$&!%# de machin!

En attendant, ce défaut (oh! tout de suite les grands mots!) a aussi son avantage : chaque jour c’est un peu une nouvelle aventure avec une superbe énigme à la clef : “qu’est-ce que j’ai oublié aujourd’hui?”

3 Responses to On ne se refait pas
  1. RomainB
    January 14, 2008 | 14:12

    J’ai la fâcheuse tendance me concernant, de jeter également mes couverts à la poubelle en débarrassant la table. Heureusement que je ne dine pas avec avec les étains de mamie…

  2. Colin Ducasse
    January 14, 2008 | 14:24

    Nin! Nin! Niiinnnn! pas les étains!

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