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Archive for January, 2008

Car je générais du cash, donc les signaux ne sont pas si inquiétants que cela. Tant que nous gagnons et que cela ne se voit pas trop, que ça arrange, on ne dit rien.
— Jérôme Kerviel

Dur très dur de passer à côté de l’affaire Société Générale et de son médiatique et fautif trader, seul successeur légitime de Copperfield après qu’il a fait disparaître des milliards d’euros de la matrice. L’affaire de la fraude m’intéresse assez peu en elle-même et j’étais bien tenté de dire “Next!” jusqu’à ce matin où je suis tombé sur un article du Monde sur Monsieur K. Alors je vous rassure tout de suite je ne vais pas me lancer dans une diatribe contre les milieux financiers. En fait, il n’y a que Monsieur K. qui m’intéresse.

L’aliénation des hommes au système qui les exploite est une chose qui me fascine autant qu’elle me sidère. Je vous parle là des gens qui sont censés avoir toutes les cartes en main pour se construire un avenir sur mesure, je vous parle des grand-diplômés, de ceux qui ont le choix et qui finissent finalement par opter pour celui du pouvoir ou de l’argent, du déni de soi au nom d’une sacro-sainte carrière qui fait s’annihiler l’homme dans le système, l’organique dans la machine et finit par n’en faire qu’une vulgaire bien qu’efficiente orange mécanique. Au point d’en perdre tout repère, de n’obéir qu’à des valeurs fictives et inhumaines. Je ne vous dirai pas que je ne comprends pas que l’on puisse ainsi se désintégrer. Au contraire je saisis bien la fascination de l’argent, du pouvoir et de la gloire qui animent ces êtres mais je persiste de plus en plus à penser que ce n’est que prostitution et vente d’âme, compromission et perte d’intégrité, aveuglement et réelle bêtise.

Monsieur K., il a en plus comme un petit désir de revanche derrière les fagots. Avec son “pauvre” DESS, il fait bien pâle figure face aux ténors des écoles qu’il fréquente tous les jours. Il nous la joue un peu à la Rastignac, Monsieur K., “à nous deux Wall Street!”. On ne nous dit pas quels étaient ses rêves d’enfant, ni quel type d’homme il aurait voulu être, ni quel bourrage de crâne à quel moment il a subi, quand c’est produit le lavage de cerveau, l’erreur fatale qui l’aura perdu lui-même, celle qui a fait de lui un mouton dévoreur de dollars. Il n’y a que ça qui m’intéresse moi car il n’y que ça qui ait un sens : comprendre comment l’homme arrive à contribuer tête baissée à l’absurdité et à la vacuité du monde qui l’entoure. Comprendre tous les Monsieur K. de la Terre.

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Posted under: A ma Une

Cendrier Non-Fumeur

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Posted under: Life, Oh Life!

“Avec ceci?”
— La boulangère

Aujourd’hui. 13h35. Ma pause déjeuner. Je vais à la boulangerie m’acheter un sandwhich.

La Boulangère — Bonjour Monsieur!
Colin Ducasse — Bonjour!
LB — Vous désirez?
CD — Un suédois au thon, s’il vous plait.
LB — Avec ceci?
CD — Une tarte chocolat caramel.
LB — Avec ceci?
CD — … (je lui tends une canette de Coca Zéro)
LB — Avec ceci?
CD — C’est tout.
LB — (à une cliente qui vient d’entrer) Oh vous avez changé de coiffure, ça vous va bien! (à moi) Avec ceci?
CD (fermement)— C’est tout.
LB — (à la bonne cliente qui vient de faire une blague pourrave) Ha ha ha ha! (à moi) Avec ceci?
CD (très fermement) — C’est tout.
LB — 6 euros 20, s’il vous plaît.
CD — Voilà. (je tends les sous)
LB (après m’avoir rendu la monnaie) — Merci Monsieur!
CD (acerbe) — Avec ceci?

Vite, quitter la boulangerie rapidement, sans se retourner et ne jamais y revenir…

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Posted under: Life, Oh Life!

Jo a dans la poitrine un nénuphar gros comme celui de Chloé et je la vois souffrir comme en son temps Chloé que je n’ai pas réussi à sauver. Les docteurs ont mis longtemps avant de voir la fleur purulente et ses tentacules meurtrières et quand enfin ils se sont rendus compte de sa présence, ils l’ont arraché d’un coup de bêche dans le poumon. Jo a hurlé de douleur mais elle retrouvait l’espoir. Par précaution simple précaution ils ont bourré Jo de pesticides pour être sûr d’achever le nénuphar. Et on y a tous cru.

Un peu de temps a passé, Jo se remettait très doucement de sa nénupharectomie et du traitement aux pesticides. Et puis Jo a commencé à éprouver des dificultés à marcher. Bientôt ses jambes ne l’ont plus portée. Le nénuphar n’était pas mort, il avait planté des racines profondes dans sa colonne vertébrale. Cela fait des mois que Jo repose dans une chambre d’hôpital aux murs qui menacent de se refermer sur elle. Ils lui donnent une pillule qui rit à gorge déployée mais il arrive encore souvent à Jo de pleurer, incapable qu’elle est de bouger dans son lit mécanique. Régulièrement ils arrivent avec de nouveaux pesticides. Jo demande quel temps il fait dehors et pleure.

Je vais lui rendre visite au moins une fois par semaine. J’aimerais y aller plus souvent mais ce n’est pas tout à côté et les horaires de visite ne sont pas très pratiques. Alors souvent je m’y rends le dimanche, jour maudit parmi les jours, je m’asseois près d’elle et je lui donne ma main. Quand je la quitte j’ai souvent l’âme gorgée de tristesse et il me faut bien le trajet du retour pour ne plus parler avec une voix étranglée.

Il est 16h ce dimanche, je pars voir Jo qui a un nénuphar dans le dos.

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Posted under: Life, Oh Life!


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Posted under: Sing for me Baby!

Film américain réalisé par Tim Burton
Avec Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Alan Rickman, Timothy Spall

Johnny Depp (Sweeney Todd) et Helena Bonham Carter (Mrs Lovett)

Après Les Noces Funèbres, clin d’oeil arrière à L’Etrange Noël de Monsieur Jack, Tim Burton semble décidément en train de revisiter ses propres classiques, preuve en est ce Sweeney Todd étrange reflet d’Edward aux mains d’argent. Vous le lirez partout, ce film est absolument magnifique, à la limite du noir et blanc excepté pour le sang et pour certains passages (souvenirs ou projections) qui sont dans le fond aussi ravissants que douloureux (ce qui est perdu / ce qui ne sera pas). Vous lirez aussi sur le net le débat du pour ou contre l’aspect musical du film qui ne m’a pas vraiment dérangé même si par moment le rythme en pâtit un peu. A ce sujet, il est intéressant de se pencher sur l’histoire même tiré d’un récit de 1846 et qui fut décliné sous bien des formes. Vous trouverez tout sur Sweeney Todd en suivant ce lien. Il reste que j’ai beaucoup apprécié les chansons d’Helena Bonham Carter car les plus folles en comparaison des “Jo-ha-naaaa” énervants du jeune matelot. Et bien évidemment vous lirez aussi à quel point Depp et Bonham Carter sont excellents. Mais qui en doutait?

Je préfère donc m’attacher au propos même du film. Chez Burton, le goût du macabre est souvent rehaussé d’humour noir. Sweeney Todd n’échappe pas à la règle mais dans ce cas précis on pourrait presque parler d’humour desespéré. Il n’y a plus rien à attendre du monde et des hommes dans le Londres de Sweeney Todd. Tous sont viciés, corrompus, pervers, fous, cupides et quand une situation fait rire elle s’appuie essentiellement sur le côté pathétique des hommes. L’histoire d’amour entre le matelot et Johanna, seule vraie fraîcheur du film, est constamment entravée et ne connait pas de dénouement dans l’histoire. C’est la seule porte ouverte du film, la possibilité d’une rédemption à travers ces deux-là mais uniquement la possibilité, aucune certitude n’est avancée. Les autres, tous les autres sont condamnés d’une manière ou d’une autre et deux phrases ont marqué mon esprit, celle du juge qui dit que chacun mériterait la corde et celle de Sweeney, similaire, qui dit que tout le monde mérite de finir en tourte et même vous Mrs Lovett. Plus que tout le reste, ce qui m’a marqué dans ce film, c’est l’absolu pessimisme qui s’en dégage, la désillusion totale qu’il engendre sur une quelconque part de beauté dans le coeur des hommes. Car nul n’est vraiment épargné une fois assis sur le fauteuil du barbier, tout le monde mérite la mort, du haut en bas de l’échiquier, du juge au justicier. Par ailleurs Tim Burton situe son film dans une sorte de réalité, le Londres de la moitié du XIXème siècle. Nous ne sommes pas dans un monde ouvertement imaginaire (entendez imaginaire comme dans les autres films de Burton) mais dans un monde où l’on est victime ou bourreau, coupable ou complice, prédateur de l’autre que l’on tue ou dévore consciemment ou inconsciemment. Une fable Sweeney Todd? Pas vraiment… Plutôt un conte dans lequel se serait invité la morale de Dogville.

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Posted under: La Dernière Séance

“Ceux qui veulent ne peuvent pas toujours et ceux qui peuvent ne veulent pas toujours.”
— TarValanion

En ce moment ça parle beaucoup bébés autour de moi, ceux qui en ont, ceux qui vont en avoir, ceux qui voudraient en avoir et ceux qui non! Et puis il y a l’histoire de la condamnation de la France par la CEDH et ce post chez TarValanion qui a actionné certains rouages de mon cerveau.

Aujourd’hui, si vous me posiez la question, je vous dirais que oui je suis pour le mariage gay et pour l’adoption par des homosexuels bien que n’ayant ni l’envie de me marier, ni celui de pomponner. Je suis pour au nom de notre sacro-saint principe d’Egalité entre les individus. Mais la phrase de TarValanion que je cite plus haut m’a néanmoins poussé à réfléchir à ce que l’on appelle communément le “désir d’enfant”.

Je vais être très franc, pour moi c’est très obscur cette histoire. Le désir d’enfant c’est un peu comme la foi en Dieu. Ce qui est clair c’est que on l’a ou on l’a pas. Ce qui l’est moins c’est que ceux qu’ils l’ont sont totalement incapables de l’expliquer. Il est difficile de faire la part des choses entre la motivation personnelle réelle et le poids de la société, la reproduction des schémas comportementaux, bref le bourrage de crâne. Etant actuellement en guerre contre le formatage des esprits, je vais partir du principe que la personne qui souhaite un enfant dispose véritablement de son libre-arbitre. (Parenthèse-dédicace pour les femmes : je vous rappelle que vous ne naissez pas femmes mais que vous le devenez. J’ai l’impression que Simone de Beauvoir doit se retourner souvent dans sa tombe ces derniers temps. fin de ma parenthèse-dédicace.)

En fait déjà je tique sur la formulation. “Désir d’enfant”. Ca a le mérite d’être clairement subjectif. On n’a jamais entendu parlé pas de “besoin d’enfant”. Le choix d’enfanter est donc le fruit d’une motivation intérieure. Par ailleurs, je tiens aussi à souligner que j’écarte également l’horloge biologique des femmes souvent invoquée pour expliquer le désir d’enfant. Ce n’est pas l’horloge qui crée ce désir c’est la peur de ne pas voir son désir assouvi avant qu’il ne soit trop tard. Car l’heure tourne ma bonne dame, l’heure tourne! Et puis les hommes aussi peuvent éprouver le désir d’avoir un enfant. J’en reviens donc à ma question première qui pour moi est la seule et vraie question que l’on doit se poser : comment-pourquoi éprouve-t-on le désir d’avoir un enfant?

Je ne veux pas vous cacher le fond de ma pensée et bien que n’ayant pas la réponse à mon interrogation, j’ai l’intuition que la réponse fait mal. Je dis donc que nous écartons toute pression extérieure, toute contrainte biologique, que l’individu lambda possède tout son libre-arbitre, qu’il ne subit aucune forme d’influence de la part de son entourage (Vous connaissez? le perfide “quand c’est que je suis grand-mère?” de maman…). Déjà, je tiens à tirer mon chapeau à Lambda, il/elle est à une étape avancée du développement de sa conscience. Il est plus libre que Max, Lambda et il veut un enfant.

Vous noterez que je dis Lambda comme s’il était seul au monde. Il/elle pourrait très bien être en couple avec Delta, là n’est pas la question. Je m’intéresse ici au désir individuel d’enfant que chacun peu nourrir. Je vais écarter les cas d’égoïsme (je désire un enfant comme je désire une nouvelle voiture, il perpétuera mon nom), les cas de transfert (cet enfant sera ce que je n’ai pas pu être - très lié à l’égoïsme) et les cas pratiques (les allocations familiales). Et il reste quoi? C’est là que quiconque veut intervenir dans ma réflexion est bienvenu. Car tout ce que j’ai listé précédemment constitue ce que j’appellerais un faux-désir d’enfant, un désir quasi-illégitime à mes yeux et basé sur de mauvaises raisons. Je tiens encore à rappeler que je parle de désir individuel. L’enfant qui s’inscrit dans un projet de couple, constitue une autre problématique pour moi. Donc je répète, il reste quoi? Je n’arrive à identifier qu’une seule et bonne raison mais elle exclut la procréation et elle s’appelle altruïsme.

Lambda a plutôt bien réussi sa vie, est confortablement installé matériellement et souhaite offrir un cadre serein et beaucoup d’amour à un enfant déjà victime de l’existence. Un désir d’enfant né d’un pur désir d’aider. Cela sous-entend que ce désir n’est pas inné et s’est acquis au fil du temps, qu’à vingt ans Lambda ne disait pas “plus tard j’aurai des enfants” ou alors qu’il est revenu sur cette position pour un jour ressentir réellement ce désir.

Voilà un peu où j’en suis de mon côté et le dossier est loin d’être fermé alors si vous avez une autre façon de voir les choses, un autre éclairage à apporter, n’hésitez pas!

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Posted under: Remue-Méninges

Pièce de Marion Aubert mise en scène par Marion Guerrero
Avec : Marion Aubert, Virginie Barreteau, Adama Diop, Capucine Ducastelle, Frédérique Dufour, Flore Taguiev


Les Aventures de Nathalie Nicole Nicole
© Bulle

Ah la nostalgie de l’enfance! Le paradis perdu des jeux insouciants dans la cour de récréation! Les gâteaux délicieux qui sortaient du four, la vie comme dans les publicités pour les confitures Bonne Maman! Je ne sais pas ce qui se passe dans nos têtes quand nous cessons d’être des enfants mais il est évident que nous occultons quasiment tous les mesquineries, machin-machine bouc émissaire ça va être ta fête à la récré, j’ai mis des punaises sur la chaise de la maîtresse, de toute façon toi tu as été adopté et autres charmantes cruautés de l’enfance qui sont au centre des Aventures de Nathalie Nicole Nicole, actuellement en représentation au Théâtre du Rond-Point.

De quoi ça cause? Dans la ville de Poujol, c’est devenu un vrai capharnaüm depuis que Nathalie Nicole Nicole y a délocalisé l’enfer sur lequel elle règne avec ses deux amis la moche Cléo et le malléable Michel Chef-Chef. Délire de gamins où le diable s’invite, petits meurtres entre amis à l’école primaire, ces trois enfants s’inventent un monde décomplexé, loin des codes moraux des adultes qui dans cet univers-là s’agitent comme des pantins. Le délire est énorme, euphorique, hystérique mais dans les interstices on perçoit des frayeurs d’enfants. Ces enfants fous s’aiment et s’affrontent furieusement à l’interface du rêve et de la réalité, jeux pas innocents, jeux cruels, jeux dérangeants.

C’était comment? C’était génial, du bon très bon théâtre contemporain comme je l’aime! Je pourrais m’arrêter là et vous dire d’aller la voir pour vous convaincre, merci m’sieur-dame! Mais pour ceux qui ne me feraient pas confiance voici un peu plus de détails. Je commencerai par là où tout commence : le texte que j’ai trouvé particulièrement admirable (il est édité chez Actes Sud), plein de poésie, d’inventions réjouissantes et de sombres drôleries qui font mouche à tout coup. Il est superbement transcendé par les comédiens qui sont tous impeccables (je me permets un coup de coeur pour Capucine Ducastelle qui interprète Michel Chef-Chef et pour Adama Diop, l’enfant pratique mais c’est tout personnel et ça n’enlève rien au grand talent des autres) et qui prennent visiblement un plaisir immense à jouer et qui le transmettent au public. La mise en scène est au diapason du jeu des comédiens, vive, inventive et parfois surprenante. J’ai beaucoup aimé le jeu avec les meubles-maisons qui renforce l’aspect imaginaire de la pièce ainsi que la structure métallique verticale en fond de scène et sur laquelle se joue des situations plus en prise avec la réalité. Tout ça mis bout à bout donne un ensemble très homogène et de qualité en plus d’être jouissif. Il serait dommage de le louper… Enfin moi je dis ça, je dis rien…

C’est Où? Théâtre du Rond-Point – salle Jean Tardieu • 2 bis, avenue Franklin D.-Roosevelt • 75008 Paris
C’est Quand ? Du 15 janvier au 24 février 2008 à 21 h, dimanche 15 h 30 • Relâche les lundis et le dimanche 20 janvier 2008

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Heath Ledger

“Un choupinou de moins sur la terre”
- Un Blogueur

Autre news qui a bien circulé dans la pédéblogosphère : la mort de l’acteur Heath Ledger principalement (exclusivement?) connu du public français depuis son interprétation du rôle d’Ennis dans Brokeback Mountain.

Alors oui évidemment c’est triste, c’est un drame d’autant plus grand qu’il laisse derrière lui une gamine de 2 ans mais quand même faut pas non plus exagérer. Je suis prêt à parier tous mes kopecks qu’on en aurait pas autant parlé si il n’avait pas enculé Jaaaake dans Brokeback. Car on ne peut pas dire non plus qu’il laisse derrière lui une filmographie qui en fasse une légende du cinéma.

Globalement, je trouve ça plutôt de mauvais goût tout ce tapage autour de cette disparition. Peu font mention de son enfant, son jeu d’acteur n’est souvent qu’à peine évoqué mais en revanche on rabache beaucoup qu’il était beau. Des posts hormonaux aux relents nécrophiles - j’exagère volontairement, je sais que les intentions ne sont pas mauvaises mais voilà, pas la peine d’en remettre une couche non plus.

ta ta ta…

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Posted under: La Vie 2.0

“Je m’étonnais surtout d’être de ce troupeau”
— Jacques Brel

Alors ça, je me le répète quasiment tous les soirs de semaine quand je rentre du boulot, englouti dans les flots humains déversés par les tours de la Défense. Je suis l’un des rares à ne pas courir dans les couloirs de peur de rater mon train, ça me permet de les regarder à loisir, de complètement me désolidariser et de m’interroger sur ma présence parmi eux. Car voilà, quoique je dise, moi aussi je suis le flot, moi aussi je quitte mon boulot, moi aussi j’ai eu une journée de merde et pour moi aussi ça recommencera demain. La seule différence c’est que je vais à mon rythme, musique dans les oreilles, la tête emplie de papillonpensées, les yeux grand ouverts, je regarde les gens et eux, non.

C’est terrifiant ce regard de bovin qu’ils arborent, cette démarche bulldozer qu’ils ont, front penché en avant et tous habillés pareils! Et moi au milieu de tout ça? — Il me semble relativement évident qu’une erreur a été commise quelque part…

Existence - Service des Réclamations
A l’attention de Monsieur Ducasse

Cher Monsieur Ducasse,
Suite à votre courrier du 15 courant, nous sommes au regret de vous annoncer que votre plainte n’est malheureusement pas recevable. Le dossier que vous nous avez transmis, bien que fort complet, n’a pas permis de mettre en évidence une quelconque erreur d’aiguillage de notre part. Il semblerait que, si faute il y a eu, elle provienne de vous-même.

Damned… Un peu mortifié je regarde passer les moutons. Je crois qu’il ne me reste pour le moment qu’une solution. Rentrer dans les rangs…

… et devenir agent double en mission d’infiltation!

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