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Hildebrand Van de Pioch et Maximilien Crickboom
Représentation du KWTZ de Sacha Guitry (26 juin 2009)

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Pièce n°27062009 ajoutée au(x) dossier(s):Clic-clac Kodak!, Théâtre Ô Mes Théâtres
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TolĂ©rance : capacitĂ© Ă  accepter que quelqu’un peut vivre, penser, baiser, croire, aimer, se comporter d’une façon diffĂ©rente de la sienne, sans pour autant nĂ©cessairement comprendre ou adhĂ©rer.

Dans les commentaires du prĂ©cĂ©dent billet, Roxane explique pourquoi elle considère la Gay Pride et surtout l’excentricitĂ©, l’excès qui s’y manifestent comme un frein Ă  la lutte permanente des associations qui sont sur le terrain tout au long de l’annĂ©e. Elle lance un appel Ă  plus de sobriĂ©tĂ©, Ă  plus de simplicitĂ©, Ă  plus de sĂ©rieux aussi, afin de faire gagner aux causes LGBT une plus grande crĂ©dibilitĂ©. En fait elle pose le problème de l’impact de ce qui est montrĂ© sur le regard qui est posĂ© sur les dĂ©filant(e)s de la Gay Pride. En y rĂ©flĂ©chissant, c’est sur ce point prĂ©cis que nos avis divergent.

Roxane nous dit que le problème vient de ce qui est montrĂ©. Que si on montrait moins, si on Ă©tait plus sage, le regard qui est posĂ© serait plus enclin Ă  accepter les revendications. De mon cĂ´tĂ© je considère plutĂ´t que le problème vient du regard qui est posĂ© qui juge, sur la base de son propre rĂ©fĂ©rentiel moral, des gens pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’ils font. Nous avons lĂ  un problème de tolĂ©rance, tout Ă  fait humain et commun, que l’on rencontre tous les jours, dont chacun peut-ĂŞtre source un jour. Tous les a priori que l’on peut nourrir vis-Ă -vis d’untel ou d’une-telle, sur sa manière de s’habiller, de se coiffer, sur ses croyances, ses opinions, ses origines, toutes les petites choses qui nous choquent chez les autres, qui nous dĂ©rangent dans leurs manières ou nous dĂ©plait dans leurs discours, tout ce qui fait remonter un rejet de l’autre en nous et qui nous fait dire qu’autrui a un sacrĂ© problème, toutes ces dĂ©faillances que l’on critique ne proviennent, au fond, pas de l’autre. Le problème vient de notre refus d’accepter que l’autre soit diffĂ©rent. Et si un jour il “dĂ©cidait”, sous la pression, de rentrer dans le rang, d’ĂŞtre conforme Ă  ce que nous attendons de lui, nous ne rĂ©glons le problème qu’en apparence. Nous sommes heureux car l’autre ne nous dĂ©range plus mais nous demeurons toujours aussi obtus et intolĂ©rant: ouf! nous pouvons conserver nos oeillères! Et l’autre de son cĂ´tĂ© va se mettre Ă  engendrer de la frustration. L’autre est dans le dĂ©ni apparent de sa propre identitĂ©, de ce qui le fonde et de ce qui fait ce qu’il est vraiment. Nous possĂ©dons tous, individuellement et collectivement, une hallucinante capacitĂ© Ă  inverser les problèmes.

La Gay Pride offre “une mauvaise image” des homosexuel(le)s et des transexuel(le)s, disent certains. Quand bien mĂŞme tout le monde ne serait pas en string frangĂ© ou en latex, c’est “l’impression” que les gens garderont, c’est ce que les mĂ©dias “montreront”, Ĺ“illères sur camĂ©ra. Jusque dans le vocabulaire, nous sommes face Ă  un problème de perception et c’est cela qui freine l’intĂ©gration totale des gouines et des pĂ©dĂ©s Ă  notre sociĂ©tĂ©, pas le bear en cuir et tout poilu qui danse sur Dalida. Une fois par an, on nous autorise Ă  dĂ©filer sous les façades de Monsieur et Madame Tout-Le-Monde. ForcĂ©ment on provoque, forcĂ©ment on exagère. Mais surtout on s’affirme, on chante Ă  la sociĂ©tĂ© qu’on n’a pas envie de paraĂ®tre au monde tels que eux l’aimeraient. On martèle notre diffĂ©rence, on l’assume et on la vit au grand jour et de manière dĂ©complexĂ©e. On dit qu’on ne changera pas ce qui est montrĂ© et que les choses ne changeront vraiment que quand le regard qui est posĂ© deviendra indiffĂ©rent (voire bienveillant?).

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Pièce n°24062009 ajoutée au(x) dossier(s):Ainsi va la vie, Polie Tique
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A la fin du mois se tiendra la grand mess des pĂ©dĂ©s, des gouines et des trans, un Ă©vĂ©nement auquel j’assiste systĂ©matiquement mĂŞme si ce n’est que pour une heure ou deux et ce, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il tombe des mĂ©tĂ©orites ou qu’il me pousse un baobab dans la main. Dans mon esprit, c’est moins une question de fiertĂ© que de devoir.

Je ne suis pas proud d’ĂŞtre gay, je n’en ai pas honte non plus. Mon homosexualitĂ© est un Ă©tat de fait, une qualitĂ© que j’assume et que je ne pourrais jamais renier mais elle ne suffit certainement pas Ă  me dĂ©finir. Pour donner un exemple en comparaison, je ne suis pas fier d’ĂŞtre brun mais j’aime bien mes cheveux. Je suis. Tout simplement. C’est l’un des arguments que l’on entend souvent dans la bouche des homos qui ne veulent pas aller Ă  la Gay Pride: “je sais qui je suis, je me sens bien dans mes espadrilles (il parait qu’elles sont de retour), je n’ai pas besoin de dĂ©filer au milieu d’un zoo bigarrĂ© pour me sentir exister et puis, il faut l’avouer je ne me reconnais pas lĂ -dedans, et puis c’est devenu hyper mercantile, et puis ça donne une image ultra-rĂ©ductrice des gays, et puis je n’aime pas l’esprit communautaire, et puis…” Essayons de creuser un peu…

La Gay Pride donne une mauvaise image des gays, ce n’est qu’un dĂ©filĂ© de clichĂ©s parfois choquants pour nos amis les esprits bien-pensants. A ça, je rĂ©ponds : foutaise! Ce genre de discours ne peut-ĂŞtre tenu que par des gens qui n’ont jamais mis les pieds dans une marche des fiertĂ©s. Il faut ĂŞtre aveugle pour ne pas voir que cette manifestation est une rĂ©union de gays, de lesbiennes et de trans de tous les styles. Tout le monde n’est pas montĂ© sur des platform shoes ou engoncĂ© dans une combinaison SM en cuir. On peut aussi y croiser Monsieur Paulin expert-comptable depuis 36 ans et habillĂ© avec la mode de ses vingt ans, double foyer devant les yeux et distribution capillaire douteuse. Il y a mĂŞme des hĂ©tĂ©ros, si, si! En fait, je crois qu’il n’existe aucune autre manifestation publique qui mixe autant les genres, les origines ethniques et les diffĂ©rences sociales. La Gay Pride ouvre les yeux des gens sur les diffĂ©rences - et je ne parle pas de ceux qui dĂ©filent mais des badauds sur les cĂ´tĂ©s, gentil petit couple avec poussette, papy et mamy assis sur un banc Ă  cĂ´tĂ© de la Grande Geneviève en string et paillettes, jeunes filles en fleur qui se rincent l’oeil devant les Ă©phèbes des chars, etc, etc… Ce n’ai pas la manifestation qui enfile les clichĂ©s. Ce sont les grands mĂ©dias qui traite l’Ă©vĂ©nement comme s’il s’agissait de la FĂŞte des Fous ou tout autre numĂ©ro de freak. Quant Ă  la soi-disante obscĂ©nitĂ© parfois pointĂ©e du doigt, j’aurais tendance Ă  penser que le problème ne se situe pas dans quelques jolies paries de fesses ou de seins exposĂ©s Ă  l’air frais mais plutĂ´t dans les esprits psycho-rigides de ceux qui se disent choquĂ©s (mais qui se rincent l’oeil quand mĂŞme).

L’aspect communautaire renvoie un impression de secte et de lobby, la Gay Pride n’aide pas Ă  sortir du ghetto. Bon alors sur ce point, j’aimerais bien que quelqu’un m’explique ce qu’est “LA communautĂ© gay” parce que de mon cĂ´te je ne vois pas une mais des communautĂ©s qui ne se frĂ©quentent pas forcĂ©ment en dehors de la Gay Pride, qui n’ont pas forcĂ©ment grand chose Ă  se raconter, qui ne partagent pas les mĂŞmes goĂ»ts musicaux. Je veux dire un jour on aura bien un char des homos qui aiment faire du tricot derrière celui des trans qui plantent les choux avec les genoux (pas facile en platform shoes, c’est un vrai sport). Je veux surtout dire par lĂ  que, comme beaucoup de gays, je n’ai pas un sentiment d’appartenance Ă  une quelconque communautĂ©. Les homos reprĂ©sentent une population d’une telle complexitĂ© humaine, d’une telle diversitĂ© qu’on ne peut pas tous les enfermer dans le mĂŞme cĂ©nacle. J’irais jusqu’Ă  dire qu’en mĂ©langeant ainsi les communautĂ©s, la Gay Pride fait dans l’anti-communautaire. Nous n’avons pas tous les mĂŞmes intĂ©rĂŞts, pas tous les mĂŞmes raisons de dĂ©filer, certains viennent pour faire la fĂŞte, d’autres pour revendiquer, d’autres par curiositĂ©, d’autres parce que leur connexion internet est tombĂ©e en rade et qu’il faisait beau dehors et enfin(surtout?) d’autres(la majoritĂ©?) viennent aussi pour se trouver un choupinou ou une choupinette. Il faut ĂŞtre lucide, nous ne sommes pas tous porteurs d’idĂ©aux pour la sociĂ©tĂ© française, nous n’avons pas tous de justification politique Ă  notre prĂ©sence Ă  la Gay Pride. Nous sommes lĂ  uniquement parce que nous avons envie d’y ĂŞtre.

Moi j’irai Ă  la la Marche des FiertĂ©s car j’ai dans le sang un je-ne-sais-quoi de Robespierre, je suis un puriste de l’Etat de Droit, un ayatollah de la RĂ©publique qui veut croire quand on lui dit LibertĂ©, EgalitĂ©, FraternitĂ©. Or la devise de la France ressemble plus aujourd’hui Ă  une douce utopie qu’on piĂ©tine Ă  tout va qu’Ă  un idĂ©al de sociĂ©tĂ© Ă  atteindre. Plus que jamais, elle mĂ©rite que l’on se batte pour elle et Ă  aucun autre moment de l’annĂ©e je ne perçois mieux sa possibilitĂ© qu’Ă  la Gay Pride oĂą les gays, les lesbiennes et les transexuel(le)s dansent pour ĂŞtre libre de vivre tels qu’ils sont, pour rĂ©clamer leur droit Ă  l’Ă©galitĂ© devant la loi et montrant dans toutes leur diversitĂ© une union face Ă  l’adversitĂ©, fiers du chemin accomplis et toujours mus par ce qu’il reste Ă  achever, rappelant la fragilitĂ© de ce que d’aucuns considèrent comme des acquis et commĂ©morant la mĂ©moire de ceux qui ont permis que de telles marches se tiennent tous les ans dans le monde entier. J’irai Ă  la Gay Pride car j’y vois quelque chose de plus large que la simple affaire d’une communautĂ© mais bien celle d’une sociĂ©tĂ© dont on dit Ă  chacun de ses membres : “Tu peux devenir qui tu es vraiment”. Car il est une chose dont je suis persuadĂ© : ce ne sont pas ceux qui dĂ©filent qui sont coulĂ©s dans le moule infiniment correct d’une imaginaire majoritĂ© morale.

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Pièce n°16062009 ajoutée au(x) dossier(s):Ainsi va la vie, Polie Tique
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Pièce n°07062009 ajoutée au(x) dossier(s):Clic-clac Kodak!
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Très honnĂŞtement, je ne sais pas, je ne sais plus et cela n’est en rien liĂ© au fait que les Ă©lections europĂ©ennes sont particulièrement ennuyeuses. Il est inutile de me sortir le couplet sur l’acte citoyen, je le connais par cĹ“ur pour l’avoir beaucoup chantĂ© mais cette fois-ci je ne suis pas sĂ»r d’avoir envie de me dĂ©placer pour glisser ma petite enveloppe dans l’urne. Traditionnellement, j’ai toujours votĂ© pour le Parti Socialiste allant mĂŞme jusqu’Ă  y adhĂ©rer. Je n’ai jamais Ă©tĂ© militant cependant, cette dĂ©marche Ă©tait purement symbolique et en rĂ©action Ă  tous les UMPistes qui m’exhibaient leurs cartes sous le nez lors des dernières Ă©lections prĂ©sidentielles. Aujourd’hui je ne sais plus quoi penser et le plus grave c’est que je n’ai plus trop envie de me prendre la tĂŞte pour vers quel groupe ou parti je dois me tourner. La sphère politique française aussi qu’internationale dessine un monde qui n’est dĂ©finitivement pas le mien. Nicolas Sarkozy n’Ă©tait pas mon prĂ©sident Ă  la base et chaque semaine qui a passĂ© depuis son Ă©lection a Ă©loignĂ© davantage la politique de mes sujets de prĂ©occupations. Je n’y crois plus et sans ĂŞtre dĂ©sabusĂ©, je ne place plus aucun espoir dans les gouvernements. Quant aux partis en lice… UMP, moi vivant, je ne voterai jamais pour eux, le PS me fait pitiĂ©, j’ai toujours vu Bayrou comme un opportuniste, je ne peux considĂ©rer sĂ©rieusement l’extrĂŞme gauche, malgrĂ© les affinitĂ©s que je nourris envers elle, et l’extrĂŞme droite, je n’en parle Ă©videmment mĂŞme pas. Restent les Verts mais cela serait plutĂ´t un choix par dĂ©faut que par conviction. Et puis je n’ai pas envie de voter contre Sarkozy, j’en ai assez de voter contre. Et si cela devait arriver, ce n’est pas contre un parti, contre le gouvernement ou contre le prĂ©sident que je voterai mais contre un système, contre un modèle de sociĂ©tĂ© auquel je n’adhère plus du tout. Si les votes blancs avaient un poids quelconque, c’est probablement ça que je mettrais dans l’urne. Mais ce n’est pas le cas et Ă  quatre jours des Ă©lections, mon abstention est de plus en plus probable.

Aujourd’hui je ne crois plus qu’aux rĂ©veils et Ă  l’Ă©mancipation des peuples.

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Pièce n°04062009 ajoutée au(x) dossier(s):Polie Tique
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En ce moment je ne suis guère prolixe en ces lieux, c’est ainsi, ça va, ça vient et c’est la vie ma bonne dame. Je suis surtout en train de dĂ©velopper au maximum mes capacitĂ©s larvaires en soirĂ©e et durant les week-ends, je passe aussi du temps Ă  m’entraĂ®ner sur SingStar avec pour objectif de participer Ă  la Nouvelle Star l’an prochain (vu le niveau, je pense avoir de bonnes chances). J’ai aussi pas mal de travail et la prĂ©paration des reprĂ©sentations théâtrales d’Ă©tĂ© va aussi me prendre beaucoup de temps. Aurais-je le temps de venir Ă©crire ici de temps en temps? Y a-t-il une vie après la mort? ChĂ©ri et moi trouverons-nous un jour Copernic? Pourquoi m’indentifiĂ©-je autant Ă  Dexter? Hum… Nul ne le sait… A chacun, l’âge venu, la dĂ©couverte ou l’ignorance… Bon je dis n’importe quoi lĂ ! En fait je voulais juste signaler que je suis le mois du juin du calendrier des pĂ©dĂ©blogueurs de Finis Africae - ah, Narcisse, quand tu nous tiens!

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Pièce n°01062009 ajoutée au(x) dossier(s):Ainsi va la vie, Clic-clac Kodak!
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DexterC’est en regardant la sĂ©rie amĂ©ricaine Dexter, que j’ai rĂ©alisĂ© l’un des rares plaisirs que je trouve Ă  aller au travail. Il ne s’agit pas des cadavres que j’entrepose dans les sous-sols de l’entreprise mais du masque que je porte en permanence quand je suis au bureau, ce masque dont Dexter ne cesse de parler dans la sĂ©rie, cette distance qu’il met entre lui et les autres, cette voix qui dit Ă  l’intĂ©rieur tout ce qu’elle ne dit pas Ă  voix haute. Je me livre très peu auprès de mes collègues, je garde pour moi les vannes odieuses que je leur balance en esprit et, comme Dexter, je m’interroge souvent sur la meilleure manière de rĂ©agir quand il leur prend soudain l’envie de me conter des anecdotes personnelles qui ne m’intĂ©ressent absolument pas. J’ai parfois tendance Ă  les considĂ©rer comme des extra-terrestres dĂ©barquĂ©s d’une autre galaxie tant nous n’avons rien en commun et tant je ne veux rien partager avec eux. Alors je joue Ă  parler le mĂŞme langage qu’eux, je jubile Ă  rĂ©pondre Ă  leurs questions en formulant des rĂ©ponses Ă  double sens qui satisfassent tout le monde, j’invente au besoin, donne de fausses pistes, rĂ©invente mes joies et mes soucis, tout ça pour le plaisir de mener les gens en bateau. A moins que ce ne soit comme dans le cas de Dexter. Peut-ĂŞtre que je ne fais ça que pour survivre Ă  un environnement qui n’est pas le mien et qu’il vaut mieux rester tapi derrière un masque plutĂ´t que de m’exposer Ă  de possibles dangers. Mais il n’en reste pas moins que cela m’amuse beaucoup quand je vois dans leurs regards que je suis un mystère Ă  leurs yeux. En fait, en y repensant vraiment, j’Ă©tais dĂ©jĂ  ainsi au collège Ă  jouer le rĂ´le du parfait Ă©lève auprès des professeurs sans pour autant ĂŞtre fayot et en Ă©tant toujours assis au dernier rang avec les cancres. Un seul prof n’a jamais marchĂ© dans mon petit jeu, il nous enseignait l’histoire-gĂ©o en terminale et me haĂŻssait. Un peu Ă  la manière du Sergent Doakes vis-Ă -vis de Dexter. Mais en dehors de ce cas-lĂ , qui fut très formateur, j’ai toujours rĂ©ussi Ă  jouer ma mascarade avec succès. Et elle m’amuse toujours autant.

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Pièce n°25052009 ajoutée au(x) dossier(s):Ainsi va la vie
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Pièce n°10052009 ajoutée au(x) dossier(s):Clic-clac Kodak!
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Le week-end dernier, toute la troupe de théâtre s’est retrouvĂ©e Ă  Clohars-CarnoĂ«t dans le Finistère. Ce fut tout simplement mythique et nous devrions vraiment songer Ă  faire ça plus souvent.



Compte Rendu signé Mickaël

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Pièce n°06052009 ajoutée au(x) dossier(s):Ainsi va la vie
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J’ai parfois l’impression d’avoir dĂ©jĂ  trop vĂ©cu. Je ne me fais pourtant pas d’illusions, je sais que je n’ai que 31 ans. Je vois le regard que je pose sur la naĂŻvetĂ© des jeunes de vingt ans. Cela me suffit Ă  imaginer celui que mes aĂ®nĂ©s peuvent me jeter.

Un jour, il y a longtemps, j’assistais Ă  l’une de mes premières “vraies” soirĂ©es. J’avais seize ans et je me retrouvais en compagnie de deux amis de lycĂ©e dans un squat d’artistes Ă  Paris. Ma mĂ©moire a effacĂ© l’adresse mais je me souviens de la magie de l’endroit, de la dĂ©crĂ©pitude enivrante du bâtiment. Pour moi qui baignait alors dans la poĂ©sie de Rimbaud et dans les Chants de Maldoror, c’Ă©tait un paradis : enfin je mettais les pieds dans la marge!

Nous Ă©tions lĂ  pour discuter de notre participation Ă  une petite revue littĂ©raire de cinquième zone. Mes vers intĂ©ressaient moins le responsable de ce projet que mes fesses. De fait, il su me flatter et c’est Ă  lui que revint un jour la bonheur de me sauter dĂ©puceler. J’ai gardĂ© de cette expĂ©rience une profonde mĂ©fiance pour les compliments.

Dans ce dĂ©cor de Berlin d’après-guerre Ă©voluaient des personnages Ă©tranges et fascinants. Nous montions et descendions des escaliers, traversions des salles tantĂ´t vides, tantĂ´t remplies d’objets dont on n’aurait pu dire s’ils sortaient d’une dĂ©charge ou s’ils Ă©taient le fruit d’un travail artistique. C’est dans l’une de ces salles qu’une fille m’attrapa le bras. TatouĂ©e, percĂ©e de partout et coiffure iroquois, elle me força Ă  m’arrĂŞter et planta son regard dans le mien. Nous avons du rester une bonne minute ainsi, moi pas très Ă  l’aise et elle scrutant mes pupilles. “Je n’ai jamais vu d’âme aussi vieille”, me dit-elle avant de me lâcher le bras et de disparaĂ®tre. On me dit de ne pas la prendre au sĂ©rieux et c’est bien ce que je fis. Et cependant, cette anecdote, ma mĂ©moire-passoire ne l’a jamais effacĂ©e.

Pour tout dire elle me revient encore souvent Ă  l’esprit quand je me sens lourd des siècles que mon corps n’a pas traversĂ©. Je ne dis pas que je crois aux rĂ©incarnations, aux vies antĂ©rieures ou Ă  tout autre forme de mĂ©tempsycose. Je ne parle ici que de la sensation d’en avoir trop vu, trop entendu, trop vĂ©cu. Je me rends compte en discutant avec les gens que j’ai souvent poussĂ© certaines expĂ©riences plus loin qu’eux. Je sais aussi que je suis restĂ© bien en deça de ce que certains ont dĂ©jĂ  fait ou sont capables de faire. Alors j’oscille. Entre l’impression d’en avoir eu plus que ma dose et celle de n’en avoir pas eu assez.

En ce moment, j’ai mille ans, l’âme et le corps fatiguĂ©s, “claquĂ© comme une pute” comme dirait SĂ©bastien, moralement s’entend. Plus trop envie de me battre, pas envie de dĂ©battre, mĂŞme plus la force de m’Ă©nerver, c’est pour dire…

En y repensant de manière un peu plus prosaĂŻque, je crois que j’ai juste besoin de prendre des vacances…

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Pièce n°26042009 ajoutée au(x) dossier(s):Ainsi va la vie
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On aimerait parfois tout changer, redĂ©corer sa vie du sous-sol au plafond, rembobiner le film et reprendre l’histoire un an, deux ans, dix ans plus tĂ´t. On rĂŞve d’une vie au dĂ©roulĂ© parfait, sans rature, sans fausses notes, sans le tintamarre atroce des casseroles qui trainent dans nos tĂŞtes, on voudrait effacer Ă  la source, dire que ceci n’est jamais arrivĂ©, ne pas repasser par les mĂŞmes erreurs, par les mĂŞmes souffrances, lisser l’existence et la teindre d’harmonie, d’insouciance. Et si ceci, et si cela, et si, et si, et si, notre vie serait aujourd’hui parfaite, conforme Ă  ce qu’ o attendait d’elle, Ă  ce qu’on est, loin des faux semblants, des frustrations, de la mĂ©diocritĂ© et des dĂ©sillusions qui nous remplissent d’acide. << FAST BACKWARD. Et puis on hĂ©site. Si l’on avait fait ceci, on n’aurait jamais rencontrĂ© cette personne qui inonde de notre vie de soleil, on ne connaĂ®trait pas ces amis qui nous rendent plus lĂ©gers, on en aurait surement croisĂ©s d’autres mais, au change, serait-on gagnant Ă  l’arrivĂ©e? Le doute arrive. Et si on pouvait vraiment changer cela, sa personnalitĂ©, son physique, sa sexualitĂ© pour devenir plus conforme, plus sĂ©duisant, plus charismatique, il semble Ă©vident que l’on deviendrait quelqu’un d’autre, peut-ĂŞtre mĂŞme quelqu’un que l’on n’apprĂ©cierait pas vraiment.

On traine forcĂ©ment des regrets et des remords, mais ceux-lĂ  mĂŞme participent Ă  la dĂ©finition de l’ĂŞtre que l’on est aujourd’hui.
On traine forcĂ©ment des traumas, des souffrances, des choses que l’on aimerait n’avoir jamais vĂ©cues ni ressenties. Mais c’est ce qui nous donne notre Ă©paisseur d’âme.

Si bien qu’Ă  se rejouer le film de sa vie, on en vient Ă  penser qu’il n’y a rien Ă  changer car il n’y a pas d’autre chemin que celui empruntĂ©. C’est le seul qui conduise vĂ©ritablement Ă  ce que l’on est aujourd’hui. Certes il faut parfois du courage pour assumer ce que l’on devient avec le temps, il faut une bonne dose de luciditĂ© pour ne pas s’enfermer dans les illusions et le mensonge, mais on se rend compte qu’avec des si on ne peut pas refaire sa vie. Car elle n’est peut-ĂŞtre pas si mal que ça, avec toutes ses imperfections.

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Pièce n°24042009 ajoutée au(x) dossier(s):Ainsi va la vie
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Pièce n°19042009 ajoutée au(x) dossier(s):Théâtre Ô Mes Théâtres
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Deuil, nm - Maladie psychologique chronique qui se dĂ©clare suite Ă  la perte d’un ĂŞtre cher.

SidĂ©ration consĂ©cutive au choc causĂ© par le dĂ©cès d’un proche. Paralysie de la pensĂ©e. InsensiblitĂ©. LĂ©thargie. Perte des repères temporels. Impression d’irrĂ©alitĂ©. Profonde envie de dormir pour sortir enfin du cauchemar. RĂ©veils douloureux.

ĂŠtre en deuil, expression - Souffrir de la maladie de deuil.

ImpossibilitĂ© d’intĂ©grer la rĂ©alitĂ© du dĂ©cès. Abstraction. Le malade se saisit de son tĂ©lĂ©phone et cherche Ă  joindre la dĂ©funte. Aucune rĂ©ponse. Elle a du partir faire des courses. Au quinzième appel, toujours aucune rĂ©ponse. Ce n’est pas normal. DifficultĂ©s Ă  trouver le sommeil.

Face Ă  l’Ă©vidence, le malade se met Ă  pleurer sans raison directe apparente, parfois Ă  des moments totalement inopportuns. Sentiment d’extrĂŞme solitude. Ne trouve de rĂ©confort en rien ni en personne. DĂ©ni. Accepter la mort de l’autre, c’est accepter de mourir soi-mĂŞme un jour. PlutĂ´t se suicider que d’admettre cette absurditĂ©. DĂ©pression.

Impossible quĂŞte de sens. Le malade accuse tout le monde, y compris lui-mĂŞme, d’ĂŞtre coupable du dĂ©cès. Recherche de causes extra-mĂ©dicales. Grande colère renforcĂ©e par un fort sentiment d’impuissance. Frustration de ne pas ĂŞtre Dieu. Crise mystique. Tente vainement d’Ă©tablir une communication avec la morte. Echec cuisant. Amplification de la colère qui s’auto-alimente. Le malade est en colère d’ĂŞtre en colère. A conscience que tout cela n’est pas très rationnel et s’Ă©nerve encore plus. Se demande comment tout le monde peut se lever le matin et vivre comme si la mort n’Ă©tait pas au bout du chemin. Se proclame voyant aux royaumes des aveugles. Envie de tuer quiconque n’ouvrirait pas les yeux. S’Ă©nerve Ă  nouveau quand il prend conscience du ridicule qu’il y a Ă  se prendre pour un messie quand on s’adresse Ă  un troupeau de bovins. Natation dans le grand bassin des contradictions.

Faire son deuil, Expression - Accepter la maladie et reconnaĂ®tre que l’on en guĂ©rira jamais.

Tentative de reprise d’une vie en apparence normale. RĂ©flexe de survie. Pour ne pas finir en hĂ´pital psychiatrique, le malade rĂ©intègre une existence conforme, politiquement correcte et camoufle sa misanthropie derrière un masque de sympathie. Les gens autour de lui sont contents de voir qu’il va mieux. Les gens autour de lui oublient et commettent parfois dans les conversations des impairs qui ravivent la souffrance du malade. Celui-ci, soucieux de ne pas avoir l’air Ă  l’ouest Ă  nouveau, se tait et fixe le mur en attendant que l’on change de sujet de discussion. Cache aux malhabiles son profond mĂ©pris pour ces absences de tact. Se venge en pensant qu’ils tomberont eux aussi malades un jour. Il est des impairs que les gens endeuillĂ©s ne font pas, mĂŞme quand ils ne connaissent pas la personne Ă  laquelle ils s’adressent.

Endeuillé(e), adjectif - désigne une personne malade de deuil.

Effets secondaires. SclĂ©rosions des pouvoirs empathiques du malade. A envie de rire quand untel dĂ©prime de ne pas avoir rĂ©ussi un concours d’entrĂ©e en Ă©cole de commerce. Trouve presque tout dĂ©risoire. RĂ©serve sa compassion aux seuls cas qui, Ă  ses yeux, le mĂ©ritent vraiment. A de plus en plus envie de n’en faire qu’Ă  sa tĂŞte et tant pis pour les consĂ©quences. Sentiment que rien ne pourra lui faire aussi mal que la disparition de la dĂ©funte. Satisfaction d’avoir reçu sa dose de souffrance nĂ©cessaire. DĂ©veloppement d’un humour particulièrement noir. TolĂ©rance accrue sinon totale. La vie est un tel bourbier que dĂ©finitivement chacun peut faire ce qu’il veut pour en allĂ©ger le poids. Plus rien n’effraie vĂ©ritablement le malade qui a optĂ© pour l’option “crĂ©ation” pour son cursus de rĂ©silience. Se fout totalement d’ĂŞtre compris ou soutenu dans ce qu’il a dĂ©cidĂ© d’entreprendre. Grande confiance en soi. Profond dĂ©tachement matĂ©riel. A dĂ©cidĂ© rĂ©cemment de tout faire pour se sĂ©parer de son corps.

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Pièce n°12042009 ajoutée au(x) dossier(s):Ainsi va la vie
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Pièce n°12042009 ajoutée au(x) dossier(s):Clic-clac Kodak!
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Sarah Kane
Je ne te connaitrai jamais et tu ne liras jamais ces mots. Ce n’est pas très grave, je n’avais pas grand chose Ă  te raconter mais quand mĂŞme, j’aurais bien aimĂ© dĂ©couvrir ton Ĺ“uvre avant que tu ne dĂ©cides de te pendre. C’Ă©tait il y a dix ans, le 20 fĂ©vrier 1999, tu avais 28 ans. Derrière toi, tu as laissĂ©e cinq pièces, autant de pavĂ©s dans la mare, autant de monuments. Tu es considĂ©rĂ©e aujourd’hui comme un auteur majeur du théâtre, toi que la critique accueillait au lance-flammes mais ça tu n’en sais rien, tu te balances au bout de tes lacets accrochĂ©s au plafond des toilettes d’un hĂ´pital. J’imagine des nĂ©ons crĂ©pitants, du vieux carrelage au mur, des miroirs piquĂ©s, une lumière bleue, l’une des toilettes bouchĂ©e, un robinet ouvert qu’on aura oubliĂ© de fermer, de l’eau qui tombe en cascade, des cris d’agonisants qui viennent d’au-dessus, le grincement des cafards en dessous.

Je pourrais dire plein de choses sur toi, comment tes mots m’ont dĂ©coupĂ© les paupières au scalpel, comment je me suis noyĂ© dans les mares noires de tes pièces, comment j’ai Ă©tĂ© hypnotisĂ© par la violence hallucinante et jamais gratuite de tes personnages et de tes mondes, comment ta poĂ©sie m’a bouleversĂ© physiquement au point de me retourner l’estomac. Ton théâtre est total, intransigeant, conceptualisĂ© mais toujours, toujours, extrĂŞmement humain, très viscĂ©ral, c’est un théâtre qui touche au vrai, l’art du factice qui approche au plus près la vĂ©ritĂ© de nos conditions humaines. Alors oui, c’est forcĂ©ment dur, sombre, fou, ça dĂ©range toujours quand quelqu’un Ă©tale ses tripes au soleil, ça ne sent pas très bon, mais c’est ainsi, c’est le lot de nos vies emprisonnĂ©es dans les chairs organiques incompatibles avec nos sublimes aspirations, c’est l’Ă©troitesse de nos prisons mentales, l’inconsĂ©quence et la dangerositĂ© des troupeaux stupides qui piĂ©tinent en aveugle les rĂŞves individuels les plus beaux, les plus simples et les plus purs. C’est extrĂŞmement brillant ce que tu as Ă©crit mais pour peu que l’on se donne un peu la peine de rentrer dans ton univers, je mets au dĂ©fi quiconque d’en sortir indemne.

“Je suis arrivĂ©e Ă  la fin de cette effrayante de cette rĂ©pugnante histoire d’une conscience internĂ©e dans une carcasse Ă©trangère et crĂ©tinisĂ©e par l’esprit malveillant de la majoritĂ© morale”
4.48 Psychose


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Pièce n°10042009 ajoutée au(x) dossier(s):Ainsi va la vie, Théâtre Ô Mes Théâtres